Des escrocs ont détourné environ 95 millions d’euros à la banque italienne Intesa Sanpaolo en février grâce à des techniques d’intelligence artificielle, d’après des révélations relayées par la presse. L’institution financière a réussi à récupérer plus de la moitié des fonds, mais 36 millions d’euros restent introuvables.
L’affaire met en lumière les risques croissants liés aux technologies de synthèse vocale et d’usurpation d’identité dans le secteur bancaire. Les faits se sont déroulés en février au sein de l’établissement italien Intesa Sanpaolo et de sa branche de banque privée, Fideuram.
Un faux message WhatsApp du directeur général
La supercherie a débuté par un message sur l’application WhatsApp adressé à un responsable de Fideuram. Le texte émanait prétendument de Carlo Messina, le directeur général de l’établissement bancaire. Ce premier contact frauduleux a rapidement enclenché plusieurs mouvements de fonds dans le cadre d’une opération financière à l’étranger.
Pour parfaire la manipulation, les malfaiteurs ne se sont pas limités aux messages écrits. Ils ont usurpé l’identité d’un avocat italien réputé, combinant des courriels contenant des instructions de paiement et des appels téléphoniques. Durant ces échanges, une intelligence artificielle a été employée pour imiter fidèlement la voix du juriste, trompant ainsi la vigilance du cadre bancaire.
Une course contre la montre pour récupérer 95 millions d’euros
Au total, les ordres de virement frauduleux ont atteint la somme d’environ 95 millions d’euros. L’essentiel de ce montant a pris la direction de comptes bancaires ouverts en Chine et à Hong Kong. Dès la découverte de la supercherie, des mécanismes de récupération se sont mis en place à l’international.
Une banque chinoise a notamment permis de geler et de restituer plus de 40 millions d’euros. Parallèlement, la justice italienne est parvenue à bloquer et saisir 13 millions d’euros supplémentaires, agissant en étroite collaboration avec les autorités du Portugal.
Une part d’ombre persistante et le silence de la banque
Malgré ces interventions fructueuses, une fraction importante de la somme échappe encore aux enquêteurs. Au moins 36 millions d’euros restent introuvables, les fonds ayant probablement été convertis en cryptomonnaies pour effacer leur trace sur les réseaux financiers traditionnels.

Interrogée par l’agence de presse Bloomberg au sujet de cette gigantesque fraude, la direction d’Intesa Sanpaolo a choisi de ne faire aucun commentaire.