Israël va interdire les activités de 37 organisations non gouvernementales (ONG) internationales opérant à Gaza, les accusant de ne pas s’être conformées à de nouvelles réglementations en matière de sécurité et de transparence. Cette décision, qui pourrait aggraver la crise humanitaire dans le territoire palestinien, intervient alors que plus de 500 travailleurs humanitaires ont déjà perdu la vie dans la bande de Gaza depuis octobre 2023.
Selon un communiqué du ministère israélien de la Diaspora et de la Lutte contre l’antisémitisme, les ONG concernées n’ont pas respecté le délai imparti, expiré mercredi soir, pour fournir des informations sur leur personnel palestinien et garantir le respect de normes de sécurité. Les organisations qui ne se seront pas conformées verront leurs licences suspendues et devront cesser toute activité d’ici le 1er mars 2026.
La liste des ONG visées comprend des organisations d’envergure internationale telles que Médecins sans frontières (MSF), le Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC), World Vision International, CARE et Oxfam.
En mars dernier, Israël avait donné aux ONG un délai de dix mois pour se conformer à ces nouvelles règles. Les ministres des Affaires étrangères de dix pays – le Royaume-Uni, le Canada, le Danemark, la Finlande, la France, l’Islande, le Japon, la Norvège, la Suède et la Suisse – ont exprimé mardi leurs « sérieuses inquiétudes » face à cette interdiction, qualifiant la situation humanitaire à Gaza de « catastrophique ».
« Alors que l’hiver approche, les civils de Gaza sont confrontés à des conditions épouvantables avec de fortes précipitations et des températures en baisse », ont-ils déclaré dans un communiqué commun. « 1,3 million de personnes ont encore besoin d’un abri d’urgence. Plus de la moitié des établissements de santé ne sont que partiellement fonctionnels et sont confrontés à des pénuries d’équipements et de fournitures médicales essentielles. L’effondrement total des infrastructures sanitaires a laissé 740 000 personnes vulnérables aux inondations toxiques. »
Selon les données de l’ONU, près de 80 % des bâtiments de la bande de Gaza ont été détruits ou endommagés par les combats. Amjad Al-Shawa, directeur du réseau d’ONG palestiniennes à Gaza, a précisé qu’environ 1,5 million des plus de deux millions d’habitants de Gaza ont perdu leur domicile.
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