Publié le 27 novembre 2025 à 00h08. Un ancien ingénieur logiciel singapourien a troqué le monde de la tech pour celui de la restauration de rue, ouvrant un stand de Hokkien Mee, un plat de nouilles aux crevettes très populaire, et découvrant les défis et les satisfactions d’une vie d’artisan.
- Alvin Tan, 29 ans, a quitté son emploi de développeur logiciel pour se lancer dans la vente de Hokkien Mee.
- Il a participé à un programme de mentorat pour les entrepreneurs alimentaires et a ouvert son propre stand dans un centre de colportage à Singapour.
- Malgré les difficultés physiques et financières, il trouve une grande satisfaction dans son travail et envisage de persévérer pendant au moins un an.
L’histoire d’Alvin Tan est celle d’une réorientation professionnelle radicale, née d’un désir de trouver un travail plus épanouissant. Après avoir occupé divers postes dans le secteur de la technologie, notamment en tant que développeur d’IA et fondateur d’une startup de distributeurs automatiques, il s’est tourné vers la cuisine pendant la pandémie de Covid-19. Il a commencé par expérimenter la préparation du Hokkien Mee, un plat qui évoque des souvenirs d’enfance heureux.
« Quand j’avais sept ans, mon père conduisait un taxi. Il travaillait jusqu’à minuit, faisant de longues heures. Mais parfois, quand il rentrait à la maison, il nous emmenait dîner avec ma mère, et c’était toujours pour prendre un bol de Hokkien Mee », se souvient-il. Il était fasciné par le spectacle des colporteurs préparant ce plat, par la fumée et l’effervescence qui l’accompagnaient.
Ce qui a commencé comme un simple passe-temps est rapidement devenu une activité secondaire plus sérieuse. Il a d’abord vendu ses nouilles à domicile, puis a participé au programme Gastrobeats, un dispositif de mentorat destiné à soutenir les jeunes entrepreneurs dans le secteur alimentaire. Cette expérience lui a permis de tester son concept et de gagner en confiance.
En juillet dernier, il a ouvert Umami Bomb, son propre stand dans un centre de colportage du quartier de Geylang à Singapour. Ses parents, bien que sceptiques au début, lui ont apporté leur soutien. « Vous avez travaillé toute votre vie dans des espaces climatisés. Pouvez-vous réellement supporter la chaleur ? », lui ont-ils demandé, craignant qu’il ne renonce rapidement.
La réalité s’est avérée plus exigeante que prévu. Alvin Tan travaille désormais 17 heures par jour, préparant le bouillon de crevettes dès l’aube et servant ses clients jusqu’à tard le soir. Le travail est physiquement éprouvant, avec une chaleur intense et des risques de brûlures. Il a dû revoir son mode de vie et réduire ses dépenses.
« Il fait chaud et c’est fatigant de rester derrière le wok toute la journée », confie-t-il. « J’ai des marques de brûlure sur mes mains à cause de l’huile chaude. »
Malgré ces difficultés, il constate que son activité se développe progressivement. Il vend désormais entre 50 et 60 assiettes par jour, contre seulement 20 au début. La satisfaction de voir ses clients apprécier sa cuisine est une source de motivation importante. D’autres Singapouriens ont également quitté des emplois bien rémunérés pour se lancer dans la restauration de rue.
« C’est également une satisfaction de voir votre entreprise se développer. Le meilleur, c’est que les clients vous disent que votre nourriture est excellente. Cela me rend fier de ma cuisine que les gens me rassurent sur le fait que je suis bon dans ce que je fais », explique-t-il.
Alvin Tan s’est fixé un an pour faire fonctionner son entreprise. S’il ne parvient pas à atteindre ses objectifs, il envisage de retourner dans le secteur de la technologie. Mais pour l’instant, il est déterminé à persévérer et à prouver que sa passion pour le Hokkien Mee peut se transformer en une carrière durable.