Publié le 26 octobre 2024 10h30. L’ancien président brésilien Jair Bolsonaro a été placé en détention préventive ce samedi après avoir tenté de déjouer son bracelet électronique et s’enfuir, selon la police, au milieu d’une manifestation organisée par ses partisans. Cette arrestation intervient après sa condamnation à 27 ans de prison pour son rôle dans une tentative de coup d’État.
- Jair Bolsonaro a été arrêté pour avoir tenté de briser son bracelet électronique de surveillance.
- La Cour suprême a justifié cette décision par la nécessité de garantir l’ordre public.
- Plusieurs alliés de l’ancien président ont récemment fui le pays.
L’ancien président brésilien Jaïr Bolsonaro a été incarcéré ce samedi, suite à une tentative de violation de son assignation à résidence. Selon la Cour suprême, Bolsonaro a cherché à désactiver le bracelet électronique qui surveillait ses déplacements, dans le but de s’enfuir alors qu’une manifestation de soutien, organisée par son fils, se tenait devant son domicile.
Condamné à 27 ans de prison le 11 septembre dernier pour son rôle dans une tentative de coup d’État visant à contester les résultats de l’élection présidentielle de 2022, remportée par Luiz Inácio Lula da Silva, Bolsonaro était déjà soumis à une assignation à résidence depuis le mois d’août. La police fédérale a agi sur demande de la Cour suprême pour “garantir l’ordre public”, comme l’a précisé l’ordonnance de détention.
L’enquête a révélé une “violation de l’équipement de surveillance électronique” à 00h08 heure locale (03h08 GMT) ce samedi. Le juge Alexandre de Moraes, rapporteur de la procédure, a souligné que cette action coïncidait avec la manifestation organisée par le fils de Bolsonaro, ce qui suggère une tentative délibérée de faciliter une évasion en profitant de la confusion.
« L’information confirme l’intention du condamné de briser le bracelet électronique pour assurer le succès de son évasion, facilitée par la confusion provoquée par la manifestation convoquée par son fils. »
Alexandre de Moraes, juge rapporteur de la procédure
Cette arrestation s’inscrit dans un contexte plus large de fuite de plusieurs alliés de l’ancien président, également impliqués dans les événements putschistes. Parmi eux figurent son fils, le député Eduardo Bolsonaro, et l’ancien chef des services de renseignement, Alexandre Ramagem. Ce dernier a quitté le Brésil clandestinement par l’État de Roraima, à la frontière du Venezuela, et se serait rendu aux États-Unis.
La manifestation organisée par le sénateur Flávio Bolsonaro, un autre fils de l’ancien président, devant le domicile de son père, a été perçue par la Cour suprême comme une tentative d’entraver le contrôle de l’assignation à résidence. Le juge de Moraes a estimé que cette “veillée” mettait “en danger l’ordre public et l’efficacité du droit pénal”, et qu’elle augmentait le risque d’une évasion.
« Le tumulte provoqué par la réunion illicite des partisans de l’accusé condamné a une forte probabilité de mettre en péril l’assignation à résidence imposée et l’efficacité des mesures de précaution, facilitant une éventuelle tentative d’évasion de l’accusé. »
Alexandre de Moraes, juge rapporteur de la procédure
La détention préventive de Bolsonaro ne marque pas le début de l’exécution de sa peine de 27 ans de prison. Celle-ci interviendra dans les semaines à venir, après le rejet des premiers recours contre la sentence par la Cour suprême.
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