Publié le 13 novembre 2025 à 20h14. Les anciens avocats de James Comey et Letitia James contestent la validité des accusations portées contre eux, arguant que la procureure en charge de l’affaire a été nommée de manière irrégulière par l’administration Trump, soulevant des questions sur la politisation de la justice.
- Les avocats de James Comey et Letitia James demandent au tribunal de rejeter les accusations, estimant que la nomination de la procureure Lindsey Halligan est illégale.
- Lindsey Halligan, anciennement conseillère juridique de Donald Trump, a été nommée procureure par intérim dans des circonstances contestées, sans l’approbation habituelle des juges fédéraux.
- L’affaire intervient dans un contexte de tensions politiques, Donald Trump ayant publiquement réclamé l’inculpation de ses critiques.
Les défenseurs de James Comey, ancien directeur du Federal Bureau of Investigation (FBI), et de Letitia James, procureure générale de l’État de New York, ont déposé une requête auprès d’un tribunal fédéral d’Alexandria, en Virginie, pour faire annuler les poursuites pénales qui les visent. Ils soutiennent que Lindsey Halligan, la procureure américaine chargée de l’affaire, n’a pas été nommée conformément aux procédures légales.
Jeudi, le juge de district Cameron McGowan Currie a examiné les arguments des avocats. L’affaire est cruciale car elle pourrait remettre en question la légitimité des accusations portées contre ces figures critiques de l’administration Trump.
Lindsey Halligan, spécialisée dans le droit des assurances, avait intégré l’équipe juridique personnelle de Donald Trump avant d’être nommée procureure par intérim pour le district oriental de Virginie. Traditionnellement, les procureurs américains doivent être confirmés par le Sénat pour un poste permanent. Cependant, la nomination de Halligan s’est faite dans un contexte particulier : son prédécesseur, Erik Siebert, avait été contraint de démissionner en septembre, sous la pression de l’ancien président.
Les procureurs par intérim ne peuvent exercer leurs fonctions que pendant une période maximale de 120 jours, après quoi un juge fédéral doit approuver leur maintien en poste. Siebert avait obtenu cette approbation, mais Halligan, elle, a été nommée par le ministère de la Justice, contournant ainsi la procédure habituelle.
Ephraim McDowell, l’un des avocats de James Comey, a déclaré devant le tribunal :
« La seule chose qui compte est de savoir si Mme Halligan avait une nomination appropriée lorsqu’elle s’est présentée devant le grand jury, et elle ne l’a pas fait. »
Le ministère de la Justice se défend en affirmant que la loi ne prohibe pas la nomination successive de procureurs par intérim et que les éventuelles irrégularités ne remettent pas en cause la validité des actes d’accusation. Henry Whitaker, l’avocat du ministère, a qualifié les préoccupations soulevées d’« erreur de paperasse », minimisant ainsi leur importance.
L’inculpation de Comey, le 25 septembre, est liée à des accusations de fausses déclarations et d’obstruction à la justice lors de son témoignage devant le Congrès en 2020 concernant l’enquête du FBI sur l’ingérence russe dans les élections de 2016. Comey a plaidé non coupable.
Letitia James, quant à elle, a été inculpée le 9 octobre pour fraude bancaire et fausse déclaration à une institution financière, des chefs d’accusation passibles de 30 ans de prison. Elle a également nié toute implication dans des actes répréhensibles.
Un autre critique de Donald Trump, l’ancien conseiller à la sécurité nationale John Bolton, a également été inculpé le 16 octobre pour mauvaise manipulation de documents classifiés. Bolton a également plaidé non coupable.
Les avocats de Comey, James et Bolton soutiennent que ces poursuites sont motivées par des considérations politiques et constituent une forme de représailles de la part de Donald Trump. L’ancien président avait publiquement appelé à l’inculpation de ses détracteurs, notamment sur son réseau social Truth Social, le 20 septembre :
« Et Comey, Adam ‘Shifty’ Schiff, Leticia ??? Ils sont tous coupables, mais rien ne sera fait. »
Le juge Currie n’a pas rendu de décision immédiate lors de l’audience de jeudi, mais a indiqué qu’elle espérait se prononcer avant Thanksgiving. Elle a toutefois exprimé des doutes quant à la validité des arguments présentés par le ministère de la Justice, notamment en soulignant l’absence de transcription complète de la procédure du grand jury et l’absence de sténographe judiciaire pendant une partie de celle-ci.
Par ailleurs, le groupe de surveillance Campaign for Accountability a déposé une plainte auprès des barreaux des États de Floride et de Virginie, demandant une enquête sur Lindsey Halligan pour des violations présumées de la déontologie professionnelle. Le groupe accuse Halligan d’avoir agi de manière abusive et de porter atteinte à l’intégrité du ministère de la Justice. Plainte (PDF)