Janine Harouni, humoriste américaine, explore avec finesse et auto-dérision les joies et les défis de la maternité dans son nouveau spectacle, « This Is What You Waited For ». Après avoir partagé sa vision de la parentalité imminente enceinte de huit mois, elle revient sur scène pour raconter son expérience concrète avec son fils de 18 mois, le tout sous le regard bienveillant – et parfois critique – de ses parents d’origine libanaise et irlandaise-américaine.
Le spectacle ne se contente pas de dépeindre les tribulations d’une jeune mère. Il s’agit également d’une réflexion sur l’héritage familial et les modèles parentaux. Harouni interroge la manière dont elle a été élevée et la mère qu’elle aspire à devenir. « L’éducation d’un enfant ne demande peut-être pas un village entier, mais elle nécessite une famille élargie », souligne l’humoriste, qui aborde avec délicatesse les relations avec son mari, son père et sa mère.
L’arrivée de ses parents venus de Brooklyn, New York, pour l’aider à s’occuper de son enfant, apporte une touche d’humour supplémentaire. Les interactions entre la mère et la fille, souvent teintées d’une compétition amicale, révèlent les inquiétudes de Janine quant à sa capacité à être à la hauteur de sa propre mère. Elle confie, à un moment clé de son spectacle, n’avoir jamais envisagé sa mère comme une personne à part entière, mais uniquement comme une figure parentale, jusqu’à récemment.
Si les observations de Harouni sur la parentalité ne sont pas révolutionnaires, son spectacle est porté par une écriture précise et un sens du timing impeccable. Elle manie l’art du « gentle parenting » (éducation positive) aussi bien sur scène qu’en tant que mère. Une blague particulièrement réussie se moque de l’opposition de son père, fan de sport, à l’utilisation des pronoms neutres. Une autre pointe avec humour le sentiment d’incompétence qui assaille les jeunes mamans, et une anecdote savoureuse compare son nouveau-né à un colonisateur britannique.
Cependant, c’est une histoire plus sombre et inattendue qui contraste avec la précision du reste du spectacle : Janine avoue avoir prétendu être atteinte d’un cancer lors d’un rendez-vous. Cette confession, décalée et provocatrice, apporte une dimension plus brute et authentique à son récit. « Le contrôle est essentiel, mais parfois – comme avec l’éducation des enfants – des choses plus chaotiques se produisent, et cela mérite d’être célébré », conclut-elle.