Publié le 24 mai 2025 à 18h32. Après une bataille judiciaire de plus de huit mois, un tribunal de Puebla a reconnu coupable l’ancien politicien Javier López Zavala du féminicide de Cecilia Monzón, mère de son fils et militante, ainsi que les auteurs matériels du meurtre.
- Javier López Zavala, ancien candidat au poste de gouverneur, a été reconnu coupable d’avoir commandité le meurtre de son ex-compagne.
- Les deux hommes qui ont exécuté Cecilia Monzón ont également été condamnés pour féminicide.
- L’affaire a mis en lumière les failles de la protection des femmes victimes de violences conjugales au Mexique.
La justice mexicaine a rendu son verdict dans l’affaire Cecilia Monzón, trois ans après son assassinat. Un tribunal de Puebla a déclaré Javier López Zavala, ancien politicien du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI), coupable de féminicide. Il a également reconnu coupables Jair N et Silvestre N, les deux hommes qui ont tiré sur Cecilia Monzón en mai 2022 à San Pedro Cholula.
Le procès, qui a duré près d’un an, a été marqué par de nombreuses tentatives de la défense pour retarder l’audience et discréditer la motivation sexiste du crime. Les juges ont finalement estimé que les preuves étaient suffisantes pour qualifier le meurtre de féminicide, en tenant compte de la relation entre la victime et l’agresseur, des menaces antérieures documentées et du contexte d’inégalité de pouvoir.
Cecilia Monzón avait déposé plainte contre Javier López Zavala pour violence familiale et réclamait une pension alimentaire. Le tribunal a démontré, grâce à des enregistrements d’appels et à des témoignages, que l’ancien politicien avait planifié l’attaque en représailles à ces démarches.

L’affaire a suscité une vive émotion au Mexique et a mis en évidence le manque de protection dont sont victimes les femmes qui dénoncent des violences de genre, même lorsqu’elles sont des personnalités publiques. La sœur de Cecilia Monzón, Helena Monzón, a joué un rôle clé dans la lutte pour obtenir justice, en exigeant des peines maximales pour les coupables. Elle a également été à l’origine d’une loi, surnommée « loi Monzón », qui prive les auteurs de féminicides de leurs droits parentaux, estimant qu’un agresseur ne peut être un bon père.
En attendant la détermination de la peine, qui pourrait dépasser plusieurs décennies de prison selon le Code pénal, la famille de la victime a demandé au tribunal la peine maximale de 60 ans de prison. Les organisations de la société civile saluent cette décision comme un tournant dans la lutte contre l’impunité à Puebla et un pas important vers un meilleur accès à la justice pour les femmes.
Par ailleurs, Javier López Zavala a déjà été condamné à six ans de prison pour violence familiale, une décision contre laquelle il a fait appel. Le tribunal n’a pas encore statué sur cet appel.
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