Le film « La Bola Negra », réalisé par Javier Calvo et Javier Ambrossi, s’inspire d’un manuscrit inachevé de Federico García Lorca et sera disponible sur Netflix le 2 décembre. Les réalisateurs soulignent que le cinéma est un « arme contre l’intolérance ».
Le long-métrage « La Bola Negra », réalisé par les réalisateurs espagnols Javier Calvo et Javier Ambrossi, connus sous le nom de « Los Javis », s’inspire d’un manuscrit inachevé du poète et dramaturge Federico García Lorca. Le film explore trois époques différentes : un jeune homme expulsé de clubs privés en 1932 pour son orientation sexuelle, un soldat de 1937 tombé amoureux d’un prisonnier ennemi, et un écrivain contemporain qui découvre un héritage lié à son grand-père. Les réalisateurs affirment que le cinéma est un « arme contre l’intolérance », en référence à l’histoire récente de l’Espagne et aux dangers croissants du fascisme. Miguel Bernardeau incarne Rafael, tandis que Guitarricadelafuente incarne Sebastián, selon npr.org.
Explorant le contexte historique
Le film reprend l’histoire d’un système de « boules noires » utilisé dans les clubs privés en Espagne des années 1930. Les membres décidaient par vote si un individu était « accepté » (boule blanche) ou « exclu » (boule noire). Federico García Lorca avait commencé à écrire un roman éponyme inachevé sur ce thème avant d’être arrêté et exécuté en 1936, selon courrierinternational.com. Les réalisateurs ont poursuivi son travail en s’appuyant sur ses lettres et ses archives, décrivant leur démarche comme une « enquête » pour comprendre son univers. « Nous étions comme des détectives », confie Ambrossi, soulignant que le projet a permis de se rapprocher des générations de gays qui ont vécu l’oppression avant eux.
Le cinéma s'oppose au fascisme selon les réalisateurs
Les réalisateurs déclarent que le cinéma est « l’opposé du fascisme » car il permet d’exprimer des significations multiples et de toucher un large public. Ambrossi explique une métaphore employée dans le film, comparant le cœur d’un homme gay à un « océan de secrets », une référence subtile au film Titanic. « C’est un clin d’œil aux spectateurs qui connaissent l’œuvre », ajoute-t-il. Le film a déjà généré 23 millions d’euros au box-office espagnol depuis sa sortie le 25 septembre, selon des données de Rentrek, et est salué comme « un jalon de l’histoire du cinéma espagnol » par des médias locaux, notamment La Vanguardia et El Confidencial, selon courrierinternational.com.

Nous ne disposons pas de beaucoup de films ou de livres sur l’histoire qui nous relie en tant que communauté, la communauté lesbienne, gay, bisexuelle et transgenre. C’est pourquoi nous voulions le faire grand. Nous voulions le rendre épique et courageux.
Javier Ambrossi, réalisateur
La Bola Negra arrive en France et sur Netflix
« La Bola Negra » sera projeté dans certains salles en France à partir du 16 décembre, puis disponible sur Netflix le 2 décembre. Les réalisateurs, qui ont remporté le prix du meilleur réalisateur au Festival de Cannes, soulignent que leur œuvre est un hommage aux luttes des générations précédentes. « C’est une manière de dire que nos droits sont basés sur leur souffrance », affirme Ambrossi. Le film, qui explore les récits oubliés de la communauté LGBTQ+, s’inscrit dans un contexte où les défis liés à l’intolérance persistent, selon les commentaires des réalisateurs. En France, il est possible de lire le roman inachevé de Lorca dans les Œuvres complètes, tome II, collection de la « Pléiade », éditions Gallimard, 1990, comme le précise courrierinternational.com.