Publié le 22 octobre 2025 08h13. Un rapport accablant du Médiateur civil norvégien révèle des conditions d’isolement préoccupantes pour les jeunes détenus dans une prison pour mineurs, avec des cas de privation de nourriture, d’eau et d’intimité.
- Des jeunes ont été maintenus dans des cellules de sécurité pendant plus de 15 heures sans être soumis à une évaluation appropriée de la nécessité de cet isolement.
- Dans un cas particulièrement choquant, un adolescent a été maintenu nu dans une cellule de sécurité pendant plus de 14 heures.
- Le Médiateur civil critique l’utilisation de fouilles corporelles intrusives et le refus d’accès à un avocat pour certains détenus.
L’unité de jeunesse ouest de Bergen, l’une des trois prisons pour mineurs de Norvège, est au centre des préoccupations soulevées par le Médiateur civil. Le rapport, basé sur une visite surprise en mai dernier, met en lumière des pratiques qui pourraient constituer une violation des droits fondamentaux des jeunes détenus.
Les cellules de sécurité, décrites comme des espaces dépouillés de dix mètres carrés avec un simple matelas en plastique au sol, sont censées être utilisées uniquement en dernier recours. Le Médiateur civil souligne que l’isolement prolongé est préjudiciable à la santé mentale et physique des jeunes, en particulier.
Le rapport détaille plusieurs cas où les cellules de sécurité ont été utilisées de manière inappropriée. Dans l’un d’eux, un jeune a été maintenu nu dans une cellule de sécurité pendant un peu plus de quatorze heures, dormant directement sur le sol en béton.
« Les jeunes sont restés nus dans la cellule de sécurité, sans matelas, pendant un peu plus de quatorze heures pendant une nuit. »
Médiateur civil
Dans un autre cas, un jeune a été privé de nourriture et d’eau pendant plus de 15 heures, et un autre s’est vu refuser l’accès à un avocat. Le Médiateur civil considère ces situations comme inacceptables et potentiellement illégales.
Le rapport critique également les fouilles corporelles intrusives pratiquées sur les jeunes détenus. Selon les témoignages recueillis, ces fouilles étaient parfois menées de manière forcée, en coupant les vêtements des détenus alors qu’ils étaient allongés sur le sol, menottés dans le dos.
Le Médiateur civil a également constaté que les jeunes étaient systématiquement privés de leurs propres vêtements et contraints de porter uniquement des sous-vêtements et une cape indéchirable, ce qui est perçu comme humiliant et offensant.
« Devoir rester dans la cellule de sécurité en sous-vêtements, alors que des employés vous surveillent en permanence, est perçu par la plupart comme offensant. »
Médiateur civil
L’utilisation de la cellule de sécurité a été justifiée par le personnel en raison de préoccupations liées au suicide et de problèmes de personnel. Cependant, le Médiateur civil estime qu’il est particulièrement préoccupant d’utiliser l’isolement pour les jeunes considérés comme suicidaires et que des considérations de ressources ne devraient pas être un facteur déterminant dans de telles décisions.
Contactée par VG, l’unité de jeunesse ouest n’a pas répondu aux demandes de commentaires.