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Jeunes en rémission : 65% trouvent la période post-cancer plus difficile

by Sophie Martin
Un lieu conçu pour briser l’isolement psychologique

Pour des milliers de jeunes adultes en rémission d’un cancer, la fin des traitements marque souvent le début d’une épreuve plus difficile que la maladie elle-même. Selon une enquête menée en 2026 par l’association Aïda auprès de 200 patients, **65 % des jeunes interrogés** déclarent que la période post-cancer est plus complexe à gérer que les soins eux-mêmes, avec des risques élevés de dépression, d’anxiété chronique et de difficultés de réinsertion professionnelle ou étudiante. Aujourd’hui, la Maison A, premier tiers-lieu européen dédié à ces jeunes, ouvre ses portes à Paris pour combler un vide structurel dans l’accompagnement post-thérapeutique.

Un lieu conçu pour briser l’isolement psychologique

Située au 34 rue de Paradis, dans le 10e arrondissement, la Maison A est bien plus qu’un simple espace de soins : c’est un lieu de vie conçu pour répondre aux besoins spécifiques des jeunes survivants du cancer, âgés de 15 à 25 ans. Léa Moukanas, présidente de l’association Aïda, explique que ces jeunes, souvent en pleine construction identitaire, se retrouvent confrontés à une « double voire triple peine » : non seulement ils doivent faire face aux séquelles physiques et psychologiques du cancer, mais ils doivent aussi reconstruire leur projet de vie, alors que leur corps et leur esprit sont encore fragilisés. **« Il faut imaginer que quand on a 15, 20, 25 ans, c’est le moment où on se construit, c’est déjà pas évident aujourd’hui d’être jeune, il faut se projeter dans son avenir »**, souligne-t-elle, rappelant que cette période charnière est souvent aggravée par le cancer.

Pour beaucoup, le retour à l’hôpital après la fin des traitements est une épreuve anxiogène. **« C’est l’endroit où on leur a annoncé qu’ils étaient malades, c’est trop anxiogène, c’est un peu comme revenir sur les lieux du crime »**, confie Léa Moukanas, citant les mots de certains jeunes. Ce traumatisme, combiné à l’absence de suivi adapté, pousse de nombreux patients à s’isoler, aggravant leur mal-être. La Maison A propose une alternative radicale : un espace déstigmatisé, où les professionnels interviennent sans la symbolique oppressante de la blouse blanche. Sur 1 000 mètres carrés, les jeunes peuvent y télétravailler, participer à des ateliers sur l’alimentation ou l’activité physique adaptée, ou simplement échanger dans un cadre convivial.

Un accompagnement global pour une réinsertion réussie

L’enjeu de la Maison A n’est pas seulement psychologique. Les jeunes survivants du cancer font souvent face à des défis concrets : prise de poids ou perte de poids brutale due aux traitements, difficultés à trouver des professionnels de santé spécialisés, ou encore manque de soutien pour reprendre des études ou un emploi. Selon les données de l’association, **plus de la moitié des jeunes patients** se déclarent en dépression ou en situation d’anxiété chronique après leur cancer, mais peu ont accès à un suivi adapté. **« À la sortie de l’hôpital, ils ont de nombreuses injonctions : ils doivent reconstruire leur vie, faire du sport, retourner au travail, mais sans vraiment être accompagnés »**, explique Léa Moukanas. La Maison A comble ce vide en proposant des consultations gratuites avec des psychologues, des ateliers dédiés à la gestion du stress ou à la reprise de confiance en soi, et même un espace dédié aux aidants.

Un accompagnement global pour une réinsertion réussie
Photo: France 3 Régions

Un projet porté par la générosité collective, la Maison A a pu voir le jour grâce à une collecte de fonds de **6 millions d’euros**, soutenue par des partenaires comme Malakoff Humanis et des donateurs particuliers. **« L’idée est de permettre aux jeunes de se projeter dans l’avenir, de reprendre leurs études ou un travail, le tout dans un lieu conçu comme un espace de vie autant que de soin »**, précise la fondatrice. À terme, le tiers-lieu souhaite s’ouvrir au grand public et organiser des événements culturels, devenant ainsi un lieu de rencontre et de partage pour tous.

Pourquoi l’après-cancer est-il si difficile ?

Les professionnels de santé s’accordent à dire que la dépression post-cancer est un phénomène complexe, mêlant facteurs psychologiques, sociaux et biologiques. La fin des traitements marque la disparition d’un cadre rassurant, rythmé par les soins et les rendez-vous, laissant place à un sentiment de vide et à une vulnérabilité accrue. **« La peur de la récidive, souvent appelée ‘syndrome de l’épée de Damoclès’, réactive des symptômes anodins ou des examens de contrôle, entrave le retour à la sérénité »**, explique un article récent de ma-sante.news. Les bouleversements sur les plans personnel, familial et professionnel rendent également difficile la réappropriation des projets et des habitudes d’avant. Par ailleurs, certains traitements, comme la chimiothérapie ou l’hormonothérapie, peuvent perturber l’équilibre neurochimique cérébral, affectant directement la régulation de l’humeur et des émotions.

Pourquoi l’après-cancer est-il si difficile ?
Photo: ici.fr
Pourquoi l’après-cancer est-il si difficile ?
Photo: Le Soir

Les symptômes de la dépression post-cancer peuvent être variés : tristesse persistante, perte d’intérêt pour les activités habituelles, fatigue émotionnelle, troubles du sommeil ou de l’appétit, baisse de motivation, difficultés de concentration, ou même idées suicidaires dans les cas les plus sévères. **« Certaines personnes décrivent un sentiment de déconnexion, comme si elles avaient du mal à retrouver leur place dans leur propre vie après la maladie »**, souligne Le Soir. Heureusement, des solutions existent : psychologues, psychiatres, oncologues et médecins traitants disposent aujourd’hui de nombreux outils pour aider les patients à retrouver progressivement leur équilibre.

Que faire si vous ou un proche êtes concerné ?

Si vous ou un proche traversez une période difficile après un cancer, il est essentiel de ne pas rester isolé. La Maison A, située à Paris, offre un espace d’écoute et d’accompagnement adapté aux jeunes adultes. Pour ceux qui ne peuvent pas se déplacer, des consultations à distance ou des groupes de parole peuvent également être une solution. **« Plus la souffrance est identifiée tôt, plus il est possible de mettre en place un accompagnement adapté »**, rappellent les professionnels de santé. En cas de symptômes sévères, comme des idées suicidaires, une prise en charge médicale rapide est indispensable.

Pour aller plus loin, vous pouvez consulter les ressources proposées par l’association Aïda ou contacter un professionnel de santé spécialisé dans l’accompagnement post-cancer. La rémission n’est pas la fin du parcours : elle marque souvent le début d’une nouvelle étape, où le soutien et la compréhension sont essentiels pour avancer sereinement.

Pour en savoir plus sur la Maison A et ses services, rendez-vous sur le site officiel de l’association Aïda ou contactez-les directement. Si vous ou un proche êtes en situation de détresse, n’hésitez pas à solliciter l’aide d’un professionnel de santé ou à appeler une ligne d’écoute dédiée.

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