Une équipe d’épidémiologistes des Hospices civils de Lyon a identifié, en juin 2026, la première transmission interhumaine de la dermatophilose, une bactérie habituellement zoonotique. Environ 40 cas ont été recensés en France et en Espagne, principalement chez des hommes fréquentant des saunas gays à Lyon, où la chaleur et l’humidité ont favorisé la contagion sexuelle.
L’émergence d’un foyer bactérien à Lyon
Le signalement initial provient de patients suivant un traitement préventif du VIH, présentant des pustules et des croûtes sur le torse, la barbe ou les parties génitales. Selon France 24, le Dr Maxime Bonjour, médecin en santé publique à l’hôpital de la Croix-Rousse et au Cegidd de Lyon, a identifié une "bactérie atypique" responsable de ces lésions.

La dermatophilose, aussi appelée "gale de boue", est traditionnellement une maladie animale. Depuis 1974, seuls 12 articles scientifiques ont documenté des cas humains, touchant quasi exclusivement des agriculteurs, des vétérinaires ou des cavaliers en contact avec du bétail infecté.
Le nouveau cluster rompt avec ce schéma. Entre janvier et juin 2026, une quarantaine de cas ont été répertoriés en France et en Espagne, dont une trentaine localisés à Lyon. L’étude publiée dans la revue Emerging Infectious Diseases (EID) s’est concentrée sur neuf patients lyonnais et parisiens infectés entre décembre et février.
Le rôle des saunas et des zoospores dans la contagion
L’enquête épidémiologique a révélé un lien géographique et comportemental précis. Sept des neuf patients analysés par les Hospices civils de Lyon (HCL) ont fréquenté des saunas gays lyonnais peu avant l’apparition des symptômes. Bien qu’aucun lien direct entre tous les membres du cluster n’ait été établi, la similarité génomique des souches suggère l’existence d’une souche unique.

L’environnement des saunas a agi comme un catalyseur. Le Figaro rapporte que la chaleur et l’humidité favorisent la libération de "zoospores", des bactéries capables de se déplacer dans l’eau pour pénétrer l’épiderme.
Le mode de transmission est donc double : un contact étroit de peau à peau, amplifié par un milieu chaud et humide.
"Nous formons l’hypothèse que cette bactérie se transmet sexuellement.
Symptômes et protocole de traitement
Chez l’animal, la dermatophilose peut devenir étendue et potentiellement mortelle. Chez l’humain, les manifestations restent superficielles. Les patients ont présenté des pustules et des croûtes localisées autour des zones génitales, sur le tronc, autour de la bouche et sur les membres inférieurs, selon Euronews.

Le pronostic est favorable. Aucun des patients diagnostiqués depuis l’hiver n’a nécessité d’hospitalisation. Le traitement repose sur une approche simple :
Le Dr Bonjour précise que la maladie "se traite très facilement, par antibiotiques et soins locaux". Si les améliorations sont rapides, un cas de réinfection a été observé dans un sauna, confirmant la persistance du risque dans ces espaces partagés.
L’implication du concept One Health
Ce saut d’espèce et ce changement de mode de transmission illustrent le concept "One Health", qui postule que la santé humaine, animale et environnementale sont interconnectées. La transition d’une zoonose (maladie transmise de l’animal à l’homme) vers une infection interhumaine souligne la porosité des barrières biologiques dans certains contextes environnementaux.
"la similarité génomique et les expositions sexuelles partagées suggèrent fortement une transmission sexuelle interhumaine de cette bactérie zoonotique.
Face à ce risque, des pistes technologiques sont évoquées pour sécuriser les espaces publics humides. Foro3D mentionne la possibilité d’intégrer des capteurs d’humidité et de température couplés à l’intelligence artificielle pour alerter sur les conditions à risque et déclencher des systèmes de ventilation ou de désinfection UV.
L’agence sanitaire de l’Union européenne, l’ECDC, doit publier un premier rapport sur cette pathologie pour mieux encadrer la surveillance et la prévention à l’échelle continentale.
Note : Cet article est fourni à titre informatif. En cas d’apparition de symptômes cutanés, il est impératif de consulter un professionnel de santé ou un centre de dépistage spécialisé.
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