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Joseph Kabila prend la tête du Front pour la refondation de la nation

L'ancien président congolais Joseph Kabila a été désigné à la tête du Front pour la refondation de la nation (FRN), un nouveau mouvement politico-militaire créé à Goma le 12…

L'ancien président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, en costume sombre et chemise bleue, avec le

L’ancien président congolais Joseph Kabila a été désigné à la tête du Front pour la refondation de la nation (FRN), un nouveau mouvement politico-militaire créé à Goma le 12 octobre 2026. Cette coalition regroupe notamment des rebelles du M23 et des cadres de l’Alliance Fleuve Congo, défiant directement l’administration de Félix Tshisekedi.

La création de la nouvelle structure a été officialisée lors d’une conférence de presse organisée à Goma dans la résidence de l’ancien chef de l’État, qui a dirigé la République démocratique du Congo de 2001 à janvier 2019.

Autour de Joseph Kabila, plusieurs figures de la rébellion occupent des fonctions de premier plan.

Les initiateurs ont décidé de mutualiser leurs forces, ressources et moyens afin de créer un cadre d’action à travers lequel tous les Congolais, à l’unisson, vont entreprendre l’œuvre de la libération de leur pays.

Claude Ibalanky, conseiller de la coalition

L’ancien président de la République démocratique du Congo est arrivé au pouvoir à l’âge de 29 ans, après l’assassinat de son père, l’ancien président Laurent Kabila. Par la suite, son mandat avait été prolongé en raison d’un report des élections de deux ans intervenu après l’échéance initiale de 2017. Plus jeune, en 1997, il avait pris part aux côtés de son père à l’offensive militaire partie de l’Est pour s’emparer de Kinshasa et chasser du pouvoir le dictateur Mobutu Sese Seko.

Le président Félix Tshisekedi, âgé de 63 ans, arrive au terme de son second et dernier mandat de cinq ans en 2028. La Constitution congolaise fixe la limite à deux quinquennats. L’opposition accuse la majorité présidentielle de vouloir modifier la loi fondamentale pour permettre un troisième mandat, évoquant l’adoption d’un projet de loi ouvrant la voie à un référendum pour supprimer la limitation des mandats. Des manifestations émaillées de heurts ont ainsi été organisées dans la capitale, Kinshasa, et dans plusieurs autres grandes villes, avant d’être dispersées par les forces de l’ordre. Les Nations unies ont déploré au moins un mort lors du premier rassemblement à Kinshasa, tandis que l’opposition a dénoncé l’assassinat d’un opposant lors d’un second rassemblement. L’opposition s’est scindée, certains cadres du PPRD et diverses personnalités politiques prenant leurs distances avec l’ancien président. À Kinshasa, une coalition regroupant notamment Martin Fayulu, Delly Sesanga, Augustin Matata Ponyo, Jean-Marc Kabund et Moïse Katumbi soutenait initialement l’idée d’un dialogue inclusif impliquant Joseph Kabila et la coalition rebelle, une condition fermement rejetée par le pouvoir.

La condamnation par contumace de l’ancien président

Ce positionnement public officialise l’union entre l’ancien président et le mouvement armé antigouvernemental, dont le rapprochement avait déjà été pointé par Kinshasa.

Joseph Kabila prend la tête du Front pour la refondation de la nation
Photo : Lemonde

La justice congolaise l’a condamné à mort par contumace après l’avoir reconnu coupable de trahison, de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, l’accusant d’avoir collaboré avec le Rwanda et le M23. L’ancien président a rejeté ces allégations en qualifiant la procédure de politique, tandis que le gouvernement américain a de son côté imposé des sanctions à son encontre en raison de son rôle présumé dans le soutien à des groupes rebelles dans l’est du pays.

Les pourparlers de paix à l’épreuve des armes

L’émergence de ce front politico-militaire intervient alors que les pourparlers menés sous médiation qatarie peinent à stabiliser la région. Kinshasa et le M23 s’étaient engagés en juillet 2025 sur un cessez-le-feu qui n’a pas été respecté, selon les observations de la presse internationale.

Les analystes de l’International Crisis Group estiment que les négociations de paix sont au point mort et que les parties privilégient la confrontation sur le terrain.

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.