Publié le 17 novembre 2023. Le krach boursier de 1929, souvent considéré comme le catalyseur de la Grande Dépression, est revisité par Andrew Ross Sorkin dans un ouvrage ambitieux qui dresse un parallèle troublant avec les crises financières contemporaines.
- Le livre de Sorkin, 1929, s’appuie sur des archives inédites et des témoignages de première main pour reconstituer les événements qui ont conduit à l’effondrement de Wall Street.
- L’auteur souligne les similitudes entre les « bulles spéculatives » du passé et les engouements actuels pour les cryptomonnaies et l’intelligence artificielle.
- Sorkin met en lumière l’avidité, la corruption et l’incompétence qui ont marqué les années précédant le krach, et s’interroge sur la capacité de l’histoire à nous offrir de véritables leçons.
Andrew Ross Sorkin, journaliste au New York Times et auteur du best-seller Trop gros pour échouer (Too Big to Fail), s’est plongé pendant huit ans dans les mémoires, les documents de la Réserve fédérale de New York et une multitude d’articles de journaux pour écrire 1929. Son objectif : comprendre comment la catastrophe de 1929 a transformé les États-Unis et, surtout, si nous avons tiré les leçons de cette crise.
Pour Sorkin, le krach de 1929 est devenu un mythe national, une métaphore de tous les excès et de toutes les horreurs de la politique et de l’économie américaines. L’effondrement de Lehman Brothers en 2008 a renforcé cette perception, ramenant le souvenir de la Grande Dépression au premier plan. L’auteur ne se contente pas de narrer les événements passés ; il établit un lien direct avec les défis actuels, analysant les « manies du marché » dans les secteurs de la cryptomonnaie et de l’intelligence artificielle.
Le livre révèle des scandales et des comportements répréhensibles impliquant les acteurs majeurs de Wall Street. Des manipulations de prix aux transactions privilégiées, en passant par la corruption politique, Sorkin expose une galerie de « voyous » qui ont contribué à l’instabilité du marché. Il révèle notamment que J.P. Morgan proposait des actions à des politiciens à des prix inférieurs à ceux du marché, et que le président de la Bourse de New York, Richard Whitney, détournait des fonds pour financer un style de vie luxueux.
Sorkin décrit également les liens troubles entre les banquiers et les personnalités politiques, ainsi que les alliances inattendues avec des dictateurs fascistes comme Benito Mussolini. Il met en évidence le décalage entre la richesse ostentatoire des élites financières et les difficultés rencontrées par la population.

Bien que l’ouvrage soit riche en détails et en anecdotes, certains critiques lui reprochent un style parfois trop ampoulé et une certaine complaisance envers les protagonistes de cette histoire. Sorkin semble minimiser la responsabilité des banquiers et des financiers, affirmant que « les marchés ne sont pas des concours de vertu et d’honneur ». Il souligne que l’avidité est une force motrice inhérente au système économique, et que les fluctuations du marché sont une conséquence inévitable de cette dynamique.
En fin de compte, 1929 est un récit captivant et instructif qui invite à la réflexion sur les dangers de la spéculation financière et la nécessité d’une régulation efficace des marchés. L’auteur conclut son livre par un appel à la vigilance et une méditation sur la nature humaine, soulignant que l’histoire a tendance à se répéter si nous ne tirons pas les leçons du passé.
Source : The Washington Post
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