La justice américaine a rejeté la plainte pour discrimination salariale déposée par l’équipe féminine de football des États-Unis, malgré un palmarès bien plus glorieux que celui de ses homologues masculins. Cette décision intervient après des années de lutte pour l’égalité salariale et a relancé le débat sur la valorisation des sportives.
Le 1er mai 2020, le juge fédéral R. Gary Klausner, siégeant au tribunal de district des États-Unis pour le district central de Californie à Pasadena, a statué en faveur de la Fédération américaine de football (USSF), employeur des joueuses. Il a rejeté l’argument selon lequel l’équipe féminine (USWNT) était sous-payée par rapport à l’équipe masculine (USMNT), estimant que les allégations de discrimination fondée sur le genre n’étaient pas fondées.
Cette décision fait suite à une action en justice déposée en mars 2019 par les joueuses de l’USWNT. Elles réclamaient une rémunération équitable, soulignant l’écart de 730 000 $ (environ 680 000 €) dans les primes de Coupe du monde entre les deux équipes.
L’USWNT, championne du monde à quatre reprises (dont la première édition en 1991), a remporté également quatre médailles d’or olympiques (dont le premier tournoi olympique féminin en 1996) et huit Coupes d’or CONCACAF. Son succès international est indéniable. Pourtant, pour avoir atteint les quarts de finale de la Coupe du monde, les joueuses ont perçu une prime de 90 000 $ (environ 84 000 €). Si elles avaient bénéficié des mêmes primes que l’équipe masculine, elles auraient déjà touché environ 550 000 $ (environ 515 000 €) chacune.
En outre, l’USMNT bénéficie de primes supplémentaires non attribuées aux femmes, comme une enveloppe de 4,5 millions de $ (environ 4,2 millions d’€) à partager entre les joueurs en cas de qualification pour la phase finale de la Coupe du monde.
Le palmarès de l’USMNT est bien moins impressionnant. Depuis sa création, l’équipe masculine n’a jamais dépassé le stade des demi-finales d’une Coupe du monde (en 1930) et n’a remporté qu’une seule médaille olympique, en 1904. Malgré ces résultats, la Fédération américaine de football continue de favoriser l’équipe masculine.
La décision du juge Klausner a suscité de vives réactions. Le rappeur Snoop Dogg, connu pour son franc-parler, avait déjà dénoncé cette inégalité après la victoire de l’USWNT face aux Pays-Bas en Coupe du monde. Il avait déclaré : « Les hommes de l’équipe américaine de football, ils n’ont jamais rien gagné, ils ne gagneront jamais rien, ils ne sortent même pas du premier tour. Il faut payer ces femmes. Les femmes devraient recevoir 500 000 $ (environ 465 000 €) chacune. Snoop Dogg le dit. »