Home DivertissementJuge du CSM, réplique sévère à Oana Gheorghiu concernant les retraites : les comparaisons simplistes sont manipulatrices

Juge du CSM, réplique sévère à Oana Gheorghiu concernant les retraites : les comparaisons simplistes sont manipulatrices

by Antoine Girard

Publié le 10 novembre 2025 à 05h26. Un membre influent du Conseil supérieur de la magistrature (CSM) a vivement critiqué la vice-Première ministre Oana Gheorghiu, l’accusant d’une attaque frontale contre l’indépendance de la justice et de raviver un discours anti-judiciaire au sein de la coalition gouvernementale.

  • Le juge Alin Ene dénonce une tentative de discrédit du pouvoir judiciaire par le gouvernement.
  • Il critique l’utilisation d’une rhétorique populiste comparant les besoins des magistrats à ceux des populations les plus vulnérables.
  • Il met en garde contre les dangers d’une instrumentalisation politique de la justice, rappelant les dérives autoritaires du passé.

Dans un message publié dimanche sur Facebook, le juge Alin Ene, membre du CSM, a réagi avec virulence aux déclarations de la vice-Première ministre Oana Gheorghiu concernant les pensions des magistrats. Selon lui, ces propos marquent le début de son mandat par une offensive contre l’indépendance de la justice et l’État de droit, rejoignant un courant anti-judiciaire déjà présent au sein de la coalition au pouvoir.

Le juge Ene estime que minimiser le statut des magistrats envoie un message de discrédit à l’ensemble de la société. Il juge particulièrement inacceptable l’établissement d’une opposition artificielle entre les droits des juges et les besoins fondamentaux de la population, comme la santé ou l’alimentation.

« L’indépendance de la justice n’est pas un concept abstrait ou un luxe “payé par des enfants affamés”. C’est le fondement de l’État de droit, c’est-à-dire le fondement sur lequel chaque citoyen – qu’il soit enfant, parent, employé ou retraité – peut protéger ses droits face à n’importe quel pouvoir : politique, économique ou social. »

Alin Ene, juge et membre du CSM

Il dénonce l’emploi d’« étiquettes simplificatrices » et de discours induisant l’idée que les droits des magistrats seraient des privilèges injustifiés. Il précise que le régime de pension de service des juges n’est pas un privilège, mais une garantie constitutionnelle visant à les protéger de toute pression politique, même après leur retraite.

Le juge Ene s’insurge également contre la qualification de l’institution judiciaire comme une sorte d’« œuvre caritative », estimant que cela remet en question la légitimité même de l’État de droit. Il met en garde contre une rhétorique dangereuse, qui rappelle selon lui les méthodes utilisées par le régime totalitaire de Nicolae Ceaușescu pour identifier des « ennemis internes » et manipuler l’opinion publique.

Pour illustrer le caractère fallacieux des comparaisons établies par la vice-Première ministre, le juge Ene évoque d’autres dépenses publiques, telles que les dépenses du Sénat pour des accessoires de luxe (1,2 million de lei), les subventions aux partis politiques ou le coût des vaccins anti-Covid (1 milliard d’euros). Il souligne que toute dépense publique implique des choix et que stigmatiser une profession en particulier est une manipulation inacceptable.

Il conclut en soulignant que, même si les déclarations de la vice-Première ministre peuvent être interprétées comme des « opinions personnelles exprimées dans un contexte émotionnel », elles ont des conséquences lorsqu’elles sont prononcées par une personnalité publique. Il rappelle que le gouvernement doit respecter et protéger la justice, et non la dénigrer.

La réaction du juge Ene intervient après que la vice-Première ministre Oana Gheorghiu a déclaré, lors d’une interview diffusée samedi, qu’elle comprenait les difficultés des magistrats à renoncer à leurs revenus importants, mais qu’ils avaient jusqu’à présent bénéficié d’une situation privilégiée qui ne pouvait pas durer éternellement.

Editeur : Alexandru Costea

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