Les divisions au sein du Parti démocrate américain sur le conflit israélo-palestinien se sont accentuées lors de sa dernière convention annuelle, révélant des désaccords profonds sur la meilleure façon d’aborder la crise et de promouvoir une paix durable.
À retenir
- Deux résolutions distinctes ont été proposées, l’une appelant à un embargo sur les armes à destination d’Israël et à la suspension de l’aide militaire, l’autre prônant un cessez-le-feu immédiat et la poursuite d’une solution à deux États.
- Aucune des deux propositions ne représente une position unifiée du Parti démocrate, reflétant une tension entre l’aile progressiste et les éléments plus traditionnels.
- L’auteur estime que des sanctions ciblées contre Israël, en raison de la politique du Premier ministre Netanyahu, pourraient être un levier pour influencer la situation, tout en soulignant la nécessité de respecter le droit américain en matière de ventes d’armes.
Contexte
Lors de la convention annuelle du Democratic National Committee (DNC), deux résolutions concernant le conflit à Gaza ont été soumises au vote. La première, portée par l’aile progressiste du parti, demandait l’arrêt des livraisons d’armes et la suspension de l’aide militaire à Israël. La seconde, plus modérée, appelait à un cessez-le-feu immédiat, à la libération sans condition des otages détenus par le Hamas, à un accès humanitaire sans entrave à Gaza, et réaffirmait le soutien à une solution à deux États.
Selon l’analyste Ronald L. Hirsch, aucune de ces résolutions ne définit une stratégie globale pour les États-Unis afin de mettre fin au conflit et d’établir une paix durable. Il critique la résolution progressiste pour son approche jugée trop radicale, se concentrant uniquement sur la suspension de l’aide militaire sans aborder d’autres aspects essentiels. Bien que la résolution dominante prenne en compte un contexte plus large, elle n’aborde pas, selon lui, la question cruciale de la poursuite du soutien militaire américain à Israël pendant cette guerre.
Hirsch plaide pour des sanctions militaires ciblées contre Israël, estimant que le Premier ministre Benjamin Netanyahu est uniquement préoccupé par sa propre survie politique et qu’il a intérêt à prolonger le conflit. Il souligne que de telles sanctions seraient impossibles sous une administration Trump, mais que les démocrates, en tant qu’opposition, doivent adopter une position plus ferme.
Ce qui change
L’auteur met en avant que le droit américain, notamment la loi sur les ventes d’armes, pourrait être invoqué pour justifier une suspension de l’aide militaire à Israël. Il rappelle que les ventes d’armes sont autorisées uniquement à des fins de légitime défense et que l’assistance ne peut être fournie à un pays dont le gouvernement se livre à des violations flagrantes et constantes des droits de l’homme.
Hirsch estime que les actions militaires israéliennes ont dépassé le cadre de la légitime défense et pourraient constituer des violations des droits de l’homme internationalement reconnus. Il propose une résolution combinant les perspectives progressistes et modérées, qui serait conforme au droit américain, tout en reconnaissant qu’elle susciterait l’opposition des partisans d’Israël au sein du parti.
L’analyste souligne également l’importance de la confiance mutuelle pour parvenir à une solution durable. Il déplore le fait que les deux parties, depuis les accords d’Oslo de 1993 et 1995, aient davantage contribué à détruire la confiance qu’à la reconstruire. Il note cependant que cinq États arabes ont reconnu le droit d’Israël à exister et que la Ligue arabe a récemment appelé le Hamas à déposer les armes.
Prochaines étapes
Hirsch estime qu’il est impossible d’instaurer la confiance avec Netanyahu au pouvoir en Israël et avec le Hamas à Gaza. Il suggère que des élections en Israël, prévues en 2026, pourraient permettre de changer la donne. À court terme, il appelle les démocrates à mettre fin aux ventes d’armes à Israël dans le cadre de leur plan de paix, tout en demandant à la Ligue arabe de cesser de fournir des armes et de l’argent au Hamas.
Il envisage un scénario où un gouvernement israélien de centre-droit pourrait être en mesure d’abandonner la Cisjordanie, à l’instar du retrait unilatéral d’Ariel Sharon de Gaza. Il souligne cependant que la situation est plus explosive aujourd’hui en raison de la montée en puissance du mouvement des colons. Il propose également que les Palestiniens-Israéliens deviennent des citoyens à part entière d’Israël et que des programmes d’échange interpersonnel soient mis en place pour favoriser la réconciliation.
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