Bruxelles, 18 décembre 2023. L’Union européenne peine à trouver un consensus sur l’utilisation des avoirs russes gelés pour financer l’aide à l’Ukraine, malgré l’insistance de la haute représentante pour la politique étrangère sur le caractère crucial de cette option.
- L’UE explore l’utilisation des avoirs russes gelés pour accorder un prêt à l’Ukraine.
- Plusieurs États membres expriment des réticences, compliquant les négociations.
- L’Ukraine estime avoir besoin d’environ 70 milliards d’euros par an pour sa défense, indépendamment de l’évolution du conflit.
Les discussions s’intensifient à Bruxelles alors que les dirigeants européens se préparent à aborder la question lors du sommet des 18 et 19 décembre. Kaja Kallas, haute représentante de l’Union européenne pour la politique étrangère, a reconnu lundi les difficultés croissantes à obtenir un accord sur ce mécanisme de financement, tout en soulignant qu’il s’agit de l’option la plus réaliste actuellement sur la table.
« L’option la plus crédible est le prêt de réparations, et c’est sur cela que nous travaillons. Nous n’en sommes pas encore là et c’est de plus en plus difficile, mais nous faisons le travail », a déclaré la chef de la diplomatie européenne à son arrivée à la réunion des ministres des Affaires étrangères.
La proposition consiste à utiliser les intérêts générés par les avoirs russes gelés en Europe – estimés à plusieurs milliards d’euros – pour accorder un prêt à l’Ukraine. Ce fonds permettrait de soutenir l’économie ukrainienne et de financer ses besoins militaires sur les deux prochaines années. L’armée ukrainienne estime qu’elle aura besoin d’environ 70 milliards d’euros par an (environ 74,5 milliards de dollars américains) pour continuer à dissuader la Russie, que le conflit se prolonge ou non.
Cependant, l’idée se heurte à des résistances. La Belgique, où se trouve le siège d’Euroclear, l’institution détenant la majorité des avoirs russes gelés, a exprimé des réserves. Malte, la Bulgarie, la République tchèque et l’Italie se sont également joints à cette position. Kallas a souligné la complexité du débat et les « pressions différentes des différents côtés ».
« Nous devons également avoir une vision très claire. Les autres options ne fonctionnent pas vraiment », a-t-elle insisté, rappelant que l’UE peut approuver le prêt avec une majorité qualifiée de ses États membres. D’autres pistes, comme le financement de l’Ukraine par des euro-obligations, nécessitent l’unanimité et ont déjà été écartées par le passé.
Le sommet européen à venir est donc crucial pour parvenir à un consensus et débloquer le financement nécessaire à l’Ukraine. L’enjeu est de permettre à Kiev de maintenir sa capacité de résistance face à l’agression russe et de préparer son avenir, quel que soit l’issue du conflit.
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