Publié le 18 octobre 2025 22:15:00. Lyubomir Medarov, un ancien responsable du renseignement militaire bulgare impliqué dans l’affaire dite du « Résident », a obtenu gain de cause devant la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) après avoir dénoncé des violations de son droit à un procès équitable. Cette décision intervient alors que l’enquête, initialement présentée comme une affaire d’espionnage de grande ampleur, n’a toujours pas abouti à un procès.
- Lyubomir Medarov a été condamné par la CEDH pour violation du droit à un procès équitable et de la présomption d’innocence.
- L’affaire, initialement qualifiée d’espionnage par l’ancien procureur général Ivan Geshev, est toujours en cours d’instruction.
- Medarov a reçu 3 000 euros pour préjudice moral et 1 800 euros pour frais de justice.
La CEDH a estimé que les déclarations publiques de l’ancien procureur général Ivan Geshev, de sa porte-parole Tsiiĸa Mileva et de la chef du parquet militaire Elin Aleĸcov, concernant l’affaire du « Résident », ont dépassé les limites d’une simple communication d’informations. Ces déclarations, faites peu après l’arrestation de plusieurs individus en mars 2021, ont présenté l’affaire comme la découverte d’un vaste réseau d’espionnage au profit de la Russie, sans attendre les conclusions de l’enquête.
Lyubomir Medarov, ancien responsable des informations classifiées à l’Assemblée nationale et ancien agent du renseignement militaire, avait été arrêté le 18 mars 2021 par la police militaire et accusé le lendemain d’activité criminelle et d’espionnage au profit d’un pays étranger. Il avait alors saisi la CEDH, arguant que les déclarations des procureurs avaient porté atteinte à sa présomption d’innocence.
L’affaire avait été largement médiatisée par Ivan Geshev, qui avait présenté l’opération comme une découverte majeure. Six personnes avaient été inculpées pour participation à un groupe d’espionnage, accusées de collecter des informations classifiées au profit d’un pays étranger et de se mettre au service de ce dernier. Ivan Iliev, 74 ans, avait été désigné par le parquet militaire comme le chef du groupe, surnommé « le Résident », et accusé d’avoir recruté des individus occupant des postes clés au sein de l’administration bulgare et de ses partenaires de l’OTAN et de l’Union européenne.
Lors d’une conférence de presse spéciale le 19 mars 2021, Geshev, Mileva et Alexov avaient détaillé les accusations, présentant des enregistrements vidéo et audio, des photographies et des transcriptions de conversations. La présentation avait été qualifiée de digne d’un scénario hollywoodien. Geshev avait alors affirmé que, depuis 1944, la Bulgarie n’avait connu aucun cas comparable, à l’exception de l’affaire des « Cinq de Cambridge ».
« Depuis le 9 septembre 1944, il n’y a pas eu d’autres cas similaires en Bulgarie. Le seul autre cas similaire en Europe est celui des “Cinq de Cambridge”. »
Ivan Geshev, ancien procureur général
L’enquête était encore en cours au cours de l’été dernier, selon la décision de la CEDH. À ce jour, aucune information n’a filtré sur son évolution. L’affaire du « Résident » continue donc de susciter l’interrogation, tandis que les déclarations initiales des procureurs sont désormais remises en question par la justice européenne.
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