Publié le 5 décembre 2023 18:09:00. Des pluies diluviennes provoquées par une succession de cyclones tropicaux ont frappé plusieurs pays d’Asie du Sud-Est, causant des inondations dévastatrices et laissant des millions de personnes dans le besoin, alors que l’aide internationale tarde à se mobiliser.
- Trois cyclones – Senyar, Ditwah et Koto – ont engendré des inondations et des glissements de terrain meurtriers en Indonésie, Malaisie, Vietnam, Thaïlande, Inde, Philippines et Sri Lanka.
- Au moins 1 000 personnes ont perdu la vie, des villages entiers ont été ensevelis sous la boue et les infrastructures vitales ont été détruites.
- La réponse à cette crise humanitaire est jugée trop lente, notamment en raison d’un manque de reconnaissance de l’ampleur de la catastrophe et d’une couverture médiatique insuffisante.
L’ampleur des dégâts causés par ces tempêtes est comparée par certains au tsunami de l’océan Indien de 2004, un événement qui avait fait plus de 230 000 morts. Muzakir Manaf, le gouverneur d’Aceh, en Indonésie, a souligné cette similitude dans un communiqué. Pourtant, l’alerte n’a pas été donnée à la hauteur de la situation, et l’aide humanitaire peine à atteindre les populations sinistrées.
En Indonésie, notamment à Sumatra, les pluies torrentielles ont provoqué des courants d’eau d’une force inouïe, décrits par un habitant de Langsa comme une « mer agitée sur la terre ». Des ponts en béton ont été emportés, des arbres géants arrachés et des habitations submergées. La situation est d’autant plus préoccupante que de nombreux villages et villes sont coupés du monde, avec des pénuries alimentaires et une flambée des prix. Les hôpitaux locaux sont débordés, voire effondrés.
Si certains pays, comme le Sri Lanka, ont déclaré l’état d’urgence nationale et sollicité une aide internationale, la réaction d’autres nations, notamment l’Indonésie, a été jugée trop timide. Le président Prabowo Subianto n’a tenu son premier conseil des ministres consacré à la catastrophe que le 27 novembre, dix jours après les premières pluies et glissements de terrain. Au moment de la rédaction de cet article, le gouvernement indonésien n’avait toujours pas décrété l’état d’urgence national.
Ce retard dans la réponse humanitaire est d’autant plus frustrant qu’il est exacerbé par le silence de la communauté internationale. Si certains dirigeants ont exprimé leurs condoléances et les Nations Unies ont proposé leur aide, aucune annonce concrète n’a été faite par l’Union européenne ou les États-Unis.
La couverture médiatique limitée de la crise est également pointée du doigt. Initialement, les médias ont traité les inondations pays par pays, sans établir de lien entre les différents événements. Bien que la situation soit désormais qualifiée d’« inondations en Asie du Sud-Est », cette désignation ne rend pas justice à la complexité du problème.
La région de l’océan Indien est particulièrement vulnérable aux phénomènes météorologiques extrêmes, en raison d’une combinaison de facteurs, notamment le changement climatique et la dégradation de l’environnement due à la déforestation et à l’exploitation minière. Il est troublant de constater que cette situation n’est pas davantage qualifiée de « tragédie climatique » par les militants internationaux pour le climat.
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