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La Charité – Universitätsmedizin Berlin Teste Les Cellules CAR-T Contre La Polyarthrite Rhumatoïde

Des chercheurs de la Charité – Universitätsmedizin Berlin ont appliqué pour la première fois une thérapie par cellules CAR-T à des patients atteints de polyarthrite rhumatoïde…

La Charité - Universitätsmedizin Berlin Teste Les Cellules CAR-T Contre La Polyarthrite Rhumatoïde

Des chercheurs de la Charité – Universitätsmedizin Berlin ont appliqué pour la première fois une thérapie par cellules CAR-T à des patients atteints de polyarthrite rhumatoïde sévère. Dans le cadre de cet essai clinique mondial publié dans Nature Medicine, l’activité de la maladie a nettement régressé chez tous les participants, trois d’entre eux parvenant même à une rémission sans médicament.

Un essai clinique pionnier mené à Berlin sur six patients

L’immunothérapie par cellules CAR-T, initialement développée pour combattre le cancer, fait l’objet d’évaluations scientifiques pour traiter les maladies auto-immunes. À la Charité – Universitätsmedizin Berlin, l’équipe menée par les chercheurs a testé cette approche personnalisée sur six personnes souffrant d’une forme particulièrement sévère de polyarthrite rhumatoïde. Cet essai clinique de phase 1 a suivi trois femmes et trois hommes âgés de 31 à 69 ans. Au cours de la décennie précédente, ces patients avaient reçu jusqu’à huit traitements ciblés ou biologiques sans obtenir de soulagement suffisant de leurs symptômes.

La polyarthrite rhumatoïde est une maladie chronique inflammatoire où le système immunitaire attaque par erreur les articulations, provoquant des gonflements et des douleurs persistantes qui réduisent la mobilité et la qualité de vie. Les traitements habituels, incluant des médicaments anti-inflammatoires et immunosuppresseurs, parviennent souvent à freiner l’inflammation mais ne guérissent pas la pathologie. Face à ces cas d’échec thérapeutique, dits réfractaires, l’équipe médicale a cherché à savoir si des cellules modifiées en laboratoire pouvaient éliminer les cellules immunitaires à l’origine de la persistance de la maladie.

Le mécanisme des cellules CAR-T ciblant la molécule CD19

Pour concevoir cette thérapie, les médecins prélèvent les propres cellules T du sang du patient afin de les modifier génétiquement. Les scientifiques les arment d’un récepteur antigénique chimérique, ou CAR, conçu pour reconnaître spécifiquement la molécule de surface CD19. Cette molécule sert de marqueur d’identification sur de nombreux lymphocytes B, qu’il s’agisse de cellules anormales dans les cancers du sang ou de cellules conductrices de l’inflammation dans la polyarthrite rhumatoïde.

La Charité - Universitätsmedizin Berlin Teste Les Cellules CAR-T Contre La Polyarthrite Rhumatoïde
Photo: News Medical

Avant de recevoir cette infusion unique, les patients subissent une courte chimiothérapie de préparation visant à réduire temporairement certaines cellules immunitaires et à libérer de l’espace pour la multiplication des cellules CAR-T. Une fois réinjectées, ces cellules modifiées traquent et détruisent les lymphocytes B portant le marqueur CD19, y compris les cellules mémoire de longue durée nichées profondément dans les tissus articulaires.

En éliminant ces cellules pathogènes difficiles à atteindre, la thérapie cherche à réinitialiser le système immunitaire des patients. Le produit évalué dans le cadre de l’essai COMPARE est le mivocabtagene autoleucel, une thérapie autologue par cellules CAR-T CD19 entièrement humaine.

Résultats cliniques, rémission et tolérance du traitement

Les observations issues de cette étude pilote démontrent une baisse marquée de l’activité de la maladie chez tous les sujets traités. Selon les données publiées dans la revue Nature Medicine, trois patients se trouvaient en rémission soutenue sans aucun médicament antirhumatismal à la fin de la période de suivi, qui s’est étendue de 36 à 52 semaines.

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Photo: Nature

Gerhard Krönke, docteur en médecine de la Charité et du Centre allemand de recherche sur la rhumatologie, a indiqué que l’activité de la maladie avait nettement diminué chez l’ensemble des six patients.

Du point de vue de la sécurité, le profil observé s’est révélé encourageant selon l’unité d’essais cliniques précoces. Les chercheurs ont noté un syndrome de relargage cytokinique de sévérité légère à modérée, gérable chez l’ensemble des participants. Aucun effet indésirable neurologique grave n’a été recensé, et les infections sont restées rares durant les premières semaines suivant l’intervention.

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.