Publié le 24 décembre 2025 à 15h25. L’intensification de la pression militaire américaine sur le Venezuela, notamment des interceptions de pétroliers, suscite l’inquiétude de Pékin, qui y voit une violation du droit international et une opportunité de critiquer la politique étrangère américaine.
- La Chine s’oppose fermement aux actions américaines, les qualifiant de « graves violations du droit international ».
- Pékin considère que ces mesures affectent ses intérêts économiques, la Chine étant le principal acheteur de pétrole vénézuélien.
- La situation est perçue par la Chine comme une illustration de la doctrine Monroe revisitée par l’administration Trump et une remise en question du rôle de puissance mondiale des États-Unis.
La Chine a exprimé sa vive préoccupation face à l’escalade des tensions entre les États-Unis et le Venezuela, notamment après des récentes interceptions de navires liés au commerce pétrolier vénézuélien. Pékin considère ces actions comme une ingérence dans les affaires intérieures d’un pays souverain et une menace pour la stabilité régionale. Lors d’un appel téléphonique entre les principaux diplomates des deux pays, la Chine a assuré Caracas de son opposition à « toute forme d’unilatéralisme et d’intimidation ».
Les manœuvres américaines, qui s’inscrivent dans le cadre d’un « blocus total et complet » décrété par le président Donald Trump contre les navires vénézuéliens sanctionnés, ont des répercussions directes sur l’économie du Venezuela, l’un des partenaires latino-américains les plus proches de Pékin. Ces actions ciblent une industrie dont la Chine est un acteur majeur, absorbant environ 80 % des exportations pétrolières vénézuéliennes ces derniers mois, selon les analystes de Kpler .
Au-delà des considérations économiques, Pékin y voit une occasion de remettre en question la légitimité de la politique étrangère américaine. La Chine a critiqué les interceptions comme de « graves violations du droit international ». L’administration Trump a également relancé le débat autour de la doctrine Monroe, en affirmant que les États-Unis doivent empêcher toute « incursion étrangère hostile » ou « possession d’actifs clés » dans l’hémisphère occidental. Cette refonte de la politique américaine, exposée dans sa stratégie de sécurité nationale, a suscité l’attention des cercles politiques chinois, qui s’interrogent sur un possible repli des États-Unis sur eux-mêmes et une opportunité pour Pékin d’étendre son influence.
Les médias d’État chinois ont adopté un ton critique à l’égard des actions américaines. Le journal Global Times a dénoncé des « actions intenses » qui placent les États-Unis « en opposition aux normes morales mondiales » dans un éditorial publié lundi. Un chercheur d’un groupe de réflexion soutenu par le gouvernement a même suggéré qu’une invasion à grande échelle du Venezuela par les États-Unis pourrait déclencher une « seconde guerre du Vietnam » .
La Chine a également publié son premier document politique sur l’Amérique latine et les Caraïbes depuis près d’une décennie, proposant de renforcer la collaboration avec la région dans des domaines variés, de l’aérospatiale aux forces de l’ordre. Ce document, publié une semaine après la stratégie de sécurité nationale américaine, réaffirme l’engagement de Pékin envers les pays en développement et son opposition à toute ingérence étrangère.
Pékin ne s’attend pas à obtenir de réponse immédiate de Washington concernant sa politique vis-à-vis du Venezuela, ni à une réduction de sa présence dans la région. Cependant, la Chine semble déterminée à tirer parti de la situation pour défendre son propre bilan et présenter les États-Unis comme une puissance d’une époque révolue. Les liens étroits entre la Chine et le Venezuela, ainsi qu’avec d’autres pays de la région, sont considérés comme un contrepoids à l’influence américaine.
L’administration Trump cible également le régime de Nicolás Maduro, qu’elle accuse d’utiliser les revenus pétroliers pour financer le narcoterrorisme et le trafic d’êtres humains . Elle a également exprimé son intention de faciliter l’accès aux ressources vénézuéliennes, qu’elle estime avoir été « volées » lors de la nationalisation des gisements pétroliers dans les années 1970.
La Chine, qui entretient des relations étroites avec le Venezuela, la Russie et d’autres pays, observe attentivement l’évolution de la situation et évalue les implications pour ses propres intérêts stratégiques.
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