Publié le 22 novembre 2025 à 11h12. La Chine a formellement protesté auprès des Nations unies contre des déclarations du Premier ministre japonais Sanae Takaichi, les qualifiant de provocatrices et dangereuses pour la stabilité régionale, notamment concernant Taïwan.
- Pékin accuse Tokyo d’avoir franchi une ligne rouge en suggérant un lien direct entre la sécurité de Taïwan et celle du Japon.
- La Chine met en garde contre toute intervention militaire japonaise dans le détroit de Taïwan, la considérant comme un acte d’agression.
- Cette dispute diplomatique intervient dans un contexte de tensions croissantes entre Pékin et Tokyo sur la question de Taïwan.
L’ambassadeur chinois auprès de l’ONU, Fu Cong, a transmis une lettre officielle au secrétaire général Antonio Guterres vendredi, détaillant les objections de Pékin aux récentes déclarations de Mme Takaichi devant la Diète japonaise. Selon la mission chinoise auprès de l’ONU, les propos de la Première ministre contiennent des « remarques manifestement provocatrices » à l’égard de Taïwan, établissant un lien inédit entre une éventuelle crise sur l’île et la sécurité nationale du Japon.
« C’est la première fois depuis la défaite du Japon en 1945 qu’un dirigeant japonais défend, dans un cadre officiel, l’idée qu’une éventualité pour Taïwan est une éventualité pour le Japon », a écrit Fu Cong dans sa lettre. Il souligne également qu’il s’agit de la première fois que Tokyo exprime son ambition d’une intervention militaire dans la question taïwanaise et menace implicitement la Chine.
Fu Cong a qualifié ces déclarations de « gravement erronées et extrêmement dangereuses », soulignant leur « nature et impact profondément malveillants ». Il a précisé que la Chine avait déjà soulevé cette question à plusieurs reprises avec le Japon par voie diplomatique, mais que Tokyo « refuse de se repentir ou de se rétracter sur ses déclarations injustifiées ». La Chine exprime ainsi son « profond mécontentement et sa ferme opposition ».
Selon la lettre, les propos de Mme Takaichi constituent une « grave violation du droit international et des normes fondamentales régissant les relations internationales ». Fu Cong craint que cela ne « porte sérieusement atteinte à l’ordre international d’après-guerre » et ne suscite l’inquiétude des pays asiatiques qui ont autrefois subi l’agression japonaise.
Réaffirmant la position de Pékin, la lettre précise que « Taïwan est le territoire sacré de la Chine » et que sa résolution relève exclusivement du peuple chinois, sans ingérence étrangère. Toute tentative d’implication militaire du Japon serait considérée comme inacceptable.
« Si le Japon ose tenter une intervention armée dans la situation à travers le détroit, ce serait un acte d’agression. »
Fu Cong, Représentant permanent de la Chine auprès des Nations Unies
La Chine se réserve le droit de légitime défense en vertu de la Charte des Nations Unies et du droit international, et défendra fermement sa souveraineté et son intégrité territoriale. Fu Cong a également exhorté le Japon à « réfléchir profondément à ses crimes historiques », rappelant que, en tant que pays vaincu lors de la Seconde Guerre mondiale, il doit honorer ses engagements politiques concernant Taïwan, cesser les provocations et retirer ses déclarations.
La lettre sera distribuée à tous les États membres de l’ONU en tant que document officiel de l’Assemblée générale.
