Publié le 17 octobre 2025 à 12h07. Les relations diplomatiques entre le Royaume-Uni et la Chine sont à nouveau tendues, cette fois à cause de retards répétés dans la décision concernant la construction d’une nouvelle méga-ambassade chinoise à Londres, suscitant des inquiétudes en matière de sécurité et des accusations de mauvaise foi.
- Le ministère chinois des Affaires étrangères a exprimé son mécontentement face aux nouveaux reports de la décision concernant son projet d’ambassade à Londres.
- Ces tensions interviennent alors que le Premier ministre britannique Keir Starmer cherche à rétablir les liens avec Pékin, notamment pour attirer des investissements.
- Des rapports suggèrent que la Chine aurait accès à des systèmes classifiés britanniques depuis des années, alimentant les craintes liées à la sécurité de la nouvelle ambassade.
La Chine a vivement critiqué le Royaume-Uni après que Steve Reed, le secrétaire au Logement, ait repoussé sa décision finale sur la proposition de construction d’une nouvelle ambassade, la décalant au 10 décembre. Lin Jian, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, a dénoncé un « mépris pour l’esprit contractuel, agissant de mauvaise foi et sans intégrité ». Il a déclaré que Pékin avait agi avec « la plus grande sincérité et patience » et que Londres devait « remplir immédiatement ses obligations et honorer ses engagements, sinon la partie britannique en supportera toutes les conséquences ».
Cette nouvelle controverse complique les efforts de Keir Starmer pour améliorer les relations avec Pékin, déjà fragilisées par des allégations d’espionnage chinois au Royaume-Uni. Le Premier ministre espère attirer des investissements étrangers pour financer de grands projets d’infrastructure, mais ces tentatives se heurtent à des obstacles croissants.
Le site de la future ambassade, acquise par Pékin en 2018 pour 255 millions de livres sterling (environ 297 millions d’euros), est situé à proximité de la Tour de Londres. Le conseil de Tower Hamlets avait initialement refusé l’autorisation de construire en 2022, ce qui avait entraîné des contestations juridiques. Angela Rayner avait repris la décision l’année dernière, mais a été remplacée par Steve Reed quelques jours avant la date limite initiale du 9 septembre. Cette date avait déjà été repoussée au 21 octobre après que la Chine ait modifié ses plans, invoquant des raisons de sécurité.
Downing Street a annoncé cette semaine un nouveau report de la décision, coïncidant avec une affaire d’espionnage impliquant deux citoyens britanniques, Christopher Cash et Christopher Berry. Le procès contre ces derniers, accusés d’espionnage pour le compte de la Chine, a été abandonné le mois dernier, suscitant des accusations de possibles interférences gouvernementales pour préserver les relations diplomatiques.
Parallèlement, des informations récentes suggèrent que Pékin aurait eu accès à des documents classifiés sur des serveurs britanniques pendant une décennie, ravivant les inquiétudes quant à la possibilité d’utiliser la nouvelle ambassade pour renforcer ses capacités de surveillance. Matt Western, président de la commission mixte sur la sécurité nationale, a écrit au gouvernement lundi pour affirmer que l’approbation de l’ambassade ne serait pas dans l’intérêt à long terme du Royaume-Uni, en raison des risques d’écoute et de sabotage liés à sa proximité avec des infrastructures critiques.
Un porte-parole de Downing Street a affirmé que le nouveau retard n’était pas motivé par des considérations politiques, mais par la complexité de la demande et la nécessité d’examiner attentivement les arguments des différentes parties. Il a déclaré jeudi : « Compte tenu de la nature détaillée des représentations qui ont été fournies et de la nécessité de donner aux parties suffisamment de possibilités de répondre, le ministère du Logement, des Communautés et des Gouvernements locaux considère qu’il faut plus de temps pour examiner pleinement les demandes. »
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