L’ancien président philippin Rodrigo Duterte comparaîtra le 30 novembre 2026 devant la Cour pénale internationale à La Haye pour crimes contre la contribution de son ancienne campagne antidrogue, après qu’une chambre a jugé l’homme de 81 ans mentalement et physiquement apte à être jugé.
L’institution judiciaire internationale a rejeté l’argumentation de la défense qui contestait les capacités de l’ancien dirigeant à suivre les débats. S’appuyant sur l’évaluation d’un collège d’experts médicaux, les juges de la Chambre de première instance III ont déterminé que Rodrigo Duterte possède la capacité de comprendre les charges retenues contre lui, de saisir la portée des audiences et d’instruire ses conseils pour sa défense.
Fixer le calendrier des auditions au 30 novembre
L’affaire franchit une étape procédurale majeure alors que le calendrier des audiences pour la première semaine de procès a été arrêté. En tenant compte des recommandations médicales liées à l’âge et à la condition de l’accusé, les magistrats ont programmé des cessions quotidiennes entrecoupées de pauses régulières d’une demi-heure à une heure.
Les audiences se tiendront ainsi de 10 h à 11 h, de 11 h 30 à 12 h 30, puis l’après-midi de 1 h 30 à 2 h 30 et de 3 h à 4 h, après une pause méridienne. Cette organisation doit permettre à l’ancien chef de l’État de suivre les débats sans s’épuiser, tout en ménageant des temps d’échange avec sa famille ou ses avocats, comme l’avait sollicité sa défense. Le procureur principal Julian Nicholls a indiqué lors de la quatrième conférence de mise en état que l’accusation prévoyait de faire comparaître et d’auditionner cinq témoins au cours de l’année 2026, identifiés dans les dossiers judiciaires par des numéros de code spécifiques. Parallèlement, l’accusation a formellement demandé aux juges d’admettre les témoignages préalablement enregistrés de trois autres témoins afin de consolider les éléments contextuels relatifs à la politique de neutralisation violente menée aux Philippines.
Débattre du volume des preuves et du volume des décès
La défense, emmenée par Peter Haynes, a essuyé un refus de la chambre après avoir demandé l’ouverture d’un nouveau dossier assorti d’une limite fixée à environ 10 000 documents, qualifiant la masse d’éléments probatoires de moving target
ingérable. La juge présidente Joanna Korner a estimé qu’imposer un tel plafond arbitraire risquerait de contraindre le parquet à manquer à ses obligations de divulgation.

En réponse, Julian Nicholls a défendu la rigueur de la démarche, affirmant que le corpus probatoire avait fait l’objet d’un examen manuel page par page par des analystes. Le parquet cherche à obtenir un accord sur les faits concernant le nombre de décès survenus lors d’opérations policières entre juillet 2016 et novembre 2017. L’accusation évalue ces décès à environ 3 400 victimes, en s’appuyant sur des documents officiels de la police nationale et des bilans de communication gouvernementaux de l’époque, qui affichaient parfois des totaux plus élevés encore. La défense conteste toutefois l’imputabilité directe de l’ensemble de ces chiffres au seul cadre des opérations antidrogue, évoquant la présence d’incidents étrangers à ce contexte.
Juger l’ancien président
Détenu à La Haye depuis son arrestation survenue à Manille en mars 2025, l’ancien dirigeant de 81 ans conteste les trois charges de crimes contre la humanité retenues par la Chambre de première instance III.
La juridiction a notamment ordonné le retrait d’un incident spécifique qui se situait en dehors du cadre temporel strict des accusations confirmées, tout en rejetant les contestations plus larges de la défense sur la formulation générale des chefs d’inculpation. Le procès s’annonce long, les parties devant désormais concilier l’examen de milliers de pièces documentaires et la comparution des premiers témoins cités par l’accusation.