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Policier mis en examen pour violences aggravées à Tours

Un policier a été mis en examen pour violences aggravées et placé sous contrôle judiciaire à Tours le 13 octobre 2026, après qu'un lycéen de 16 ans a eu l'œil droit gravement…

Policier mis en examen pour violences aggravées à Tours

Un policier a été mis en examen pour violences aggravées et placé sous contrôle judiciaire à Tours le 13 octobre 2026, après qu’un lycéen de 16 ans a eu l’œil droit gravement atteint par un tir de lanceur de balles de défense fin septembre lors du blocus de son établissement.

L’IGPN met en examen un policier à Tours

L’enquête menée par l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) a conduit à la mise en examen d’un fonctionnaire de police pour violences aggravées à Tours, selon les annonces du parquet. Le mis en cause s’est vu notifier un placement sous contrôle judiciaire ainsi qu’une interdiction formelle de porter et de posséder un lanceur de balles de défense, communément désigné sous l’acronyme de LBD.

Quatre fonctionnaires de police ont été entendus en garde à vue mardi dans le cadre de ces investigations. Plusieurs juges d’instruction ont été désignés par le parquet de Tours, qui a requis leur saisine conjointe pour mener à bien les investigations. Les deux fonctionnaires ayant fait usage de leur arme intermédiaire ont ainsi été présentés aux magistrats instructeurs dans la soirée en vue d’une mise en examen. À l’issue de ces présentations, seul l’auteur du premier tir a été mis en examen, tandis qu’un second policier s’est vu notifier le statut de témoin assisté, ainsi que l’a précisé la procureure de la République de Tours, Catherine Sorita-Minard.

Policier mis en examen pour violences aggravées à Tours
Photo : Tf1info

Depuis le début de ce mouvement de contestation entamé le 17 septembre 2026 pour réclamer de meilleurs moyens alloués à l’éducation, trente-six enquêtes ont été ouvertes à l’échelle nationale par l’IGPN pour des violences présumées impliquant des forces de l’ordre. Parmi ces dossiers pilotés par la « police des polices », le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a indiqué que quatre procédures concernaient spécifiquement des blessures qualifiées de mutilantes.

Le ministre de l’Intérieur a affirmé sur France Inter que, dans la quasi-totalité des cas, l’intervention des services de police demeure proportionnée face aux manifestants. De son côté, le Premier ministre Sébastien Lecornu avait dressé un premier bilan provisoire le 6 octobre, recensant 215 élèves blessés depuis le lancement de ces mobilisations de rentrée, dont plusieurs de façon très grave. Le ministère de l’Intérieur recensait également un total de 6 547 interpellations effectuées depuis le 28 septembre, constituant l’un des bilans chiffrés les plus lourds pour un mouvement social en France.

Le président Emmanuel Macron est intervenu pour rappeler que les rassemblements doivent impérativement se dérouler dans le calme, dans l’ordre et dans le respect des personnes et des biens. Des personnalités politiques comme Éric Coquerel ont par ailleurs regretté que la contestation lycéenne ne soit perçue par l’opinion publique qu’à travers le prisme de la violence.

La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a souligné que la jeunesse exprime actuellement une profonde angoisse à laquelle il est impératif de répondre par le dialogue. Tout en jugeant intéressante la réponse apportée par le gouvernement face aux revendications des jeunes, elle a insisté sur la nécessité de poursuivre les échanges avec cette génération inquiète. Interrogée sur les revendications relatives aux conditions d’apprentissage, la plateforme lycéenne mise en place par les pouvoirs publics a recueilli près de 86 000 contributions, permettant selon le gouvernement d’apporter des solutions concrètes, notamment concernant le remplacement des enseignants absents.

Policier mis en examen pour violences aggravées à Tours
Photo : Ouest-France

Un second policier présent lors des faits a pour sa part été placé sous le statut de témoin assisté. Les investigations font suite aux événements du 30 septembre 2026, date à laquelle le jeune Maël, âgé de 16 ans, a été blessé au visage vers 10h15 rue d’Entraigues, à proximité immédiate du lycée Balzac. L’information a été précisée par la procureure de la République de Tours, Catherine Sorita-Minard.

La chronologie des tirs établie par l’enquête

Les examens pratiqués par le médecin légiste ont mis en évidence un traumatisme contondant de l’œil droit à haute énergie cinétique. L’incapacité totale de travail a été fixée à 30 jours, sous réserve de complications ultérieures, le praticien estimant qu’il restera après consolidation, infirmité permanente selon les informations recueillies par la rédaction régionale de France 3.

Les investigations techniques ont permis d’établir avec précision le déroulement des tirs ce matin-là. D’après les précisions communiquées par le parquet, deux tirs de LBD ont été réalisés à une minute d’intervalle par deux policiers distincts lors de l’intervention menée pour disperser les rassemblements et mettre fin à des incendies de poubelles. Les magistrats soulignent que les actes d’enquête révèlent des interrogations persistantes concernant le respect des critères légaux d’absolue nécessité et de stricte proportionnalité régissant l’emploi de ces armes.

Les fausses informations circulent en ligne

Les services de vérification ont dû démentir la circulation virale d’une ancienne vidéo montrant un autre mineur blessé lors des émeutes survenues en Essonne en juillet 2023, vidéo erronément attribuée à l’actualité tourangelle. Le ministère de l’Intérieur a de son côté recensé plusieurs dizaines d’enquêtes similaires confiées à l’IGPN sur l’ensemble du territoire depuis le début du mouvement.

Policier mis en examen pour violences aggravées à Tours
Photo : ladepeche.fr

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À propos de l’auteur: Nicolas Lefèvre

Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.