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La CJUE confirme la légalité de la directive européenne sur le salaire minimum

by Clara Dubois

Publié le 16 mai 2024 10h45. La Cour de justice de l’Union européenne a validé la directive européenne sur les salaires minimums, rejetant le recours du Danemark qui contestait sa légalité. Cette décision marque une étape importante pour les droits des travailleurs à travers l’Europe, bien que certaines dispositions de la directive aient été annulées.

  • La CJUE confirme la légalité de la directive sur les salaires minimums malgré l’opposition danoise.
  • Deux parties de la directive ont été annulées, concernant les critères pour les États membres et l’indexation des salaires.
  • Les syndicats saluent une avancée majeure pour la négociation collective et l’amélioration des conditions de travail.

La Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a rejeté le recours du Danemark visant à annuler la directive européenne sur un salaire minimum adéquat, adoptée en octobre 2022. Copenhague arguait que cette directive empiétait sur les compétences des États membres en matière de politique salariale et de droit d’association, conformément au traité de Lisbonne. La CJUE a estimé que la directive ne constituait pas une ingérence directe dans la fixation des salaires nationaux et ne portait pas atteinte aux compétences réservées aux États.

Toutefois, la Cour a annulé deux éléments spécifiques de la directive : les dispositions détaillant les critères que les États membres doivent respecter lorsqu’ils fixent un salaire minimum légal, ainsi qu’une règle protégeant les salaires minimums indexés contre toute diminution. Ces annulations sont considérées comme techniques et n’affectent pas l’objectif principal de la directive.

La Commission européenne s’est félicitée de cette décision, soulignant que celle-ci confirme la solidité juridique de la directive.

« Des salaires minimums adéquats sont essentiels pour renforcer l’équité sociale et une économie productive et inclusive, ainsi que pour protéger les travailleurs et leur pouvoir d’achat. »

Eva Hrncirova, porte-parole de la Commission européenne

La Commission a également noté une augmentation des salaires minimums dans l’ensemble de l’UE depuis l’adoption de la directive, contribuant à l’amélioration du niveau de vie de nombreux travailleurs.

En Irlande, la directive a été transposée dans la législation nationale en novembre dernier, avec une modification de la loi de 2000 sur le salaire minimum. Cependant, l’eurodéputé travailliste Aodhán Ó Ríordáin critique le gouvernement irlandais pour avoir tardé à mettre en œuvre le plan d’action requis par la directive afin de renforcer la couverture de la négociation collective.

« La négociation collective – la pierre angulaire d’une rémunération équitable – reste terriblement sous-utilisée en Irlande. À peine quatre travailleurs sur dix sont couverts par des conventions collectives, ce qui est bien en dessous de la moyenne de l’UE et à peine la moitié du seuil de 80 % fixé par la directive. »

Aodhán Ó Ríordáin, eurodéputé travailliste

Il dénonce également les tactiques employées par certains employeurs pour entraver l’accès aux syndicats.

Le syndicat SIPTU a salué la décision de la CJUE, la qualifiant de “moment clé pour les travailleurs de toute l’Europe”.

« De manière cruciale, la Cour a confirmé toutes les mesures visant à promouvoir la négociation collective, y compris l’obligation pour les États membres, comme l’Irlande, de produire des plans d’action pour accroître la couverture de la négociation collective. »

Ethel Buckley, secrétaire générale adjointe du SIPTU

Le SIPTU insiste sur la nécessité pour le gouvernement irlandais de donner la priorité à la mise en œuvre effective du plan d’action national.

Le gouvernement irlandais a présenté la semaine dernière un plan d’action pour promouvoir la négociation collective, incluant l’évaluation de la mise en place de processus de médiation obligatoires, la révision de la législation sur les licenciements abusifs et l’examen des protections juridiques des représentants syndicaux. Des programmes de renforcement des capacités, un financement pour des accords améliorant la productivité, et des campagnes de sensibilisation sont également prévus.

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