Publié le 17 novembre 2023 18:35:00. La Colombie va acquérir 17 avions de combat suédois Gripen pour 4,3 milliards de dollars, une décision qui intervient dans un contexte de tensions croissantes avec les États-Unis et de préoccupations régionales concernant les opérations militaires américaines.
- La Colombie a signé un accord avec Saab pour l’achat de 17 avions de combat Gripen pour un montant de 4,3 milliards de dollars (environ 4 milliards d’euros).
- Cette acquisition s’inscrit dans un contexte de désaccords avec Washington concernant les opérations militaires américaines en Amérique latine.
- Le président colombien Gustavo Petro a évoqué la nécessité de dissuader toute agression contre son pays, quelle qu’en soit l’origine.
L’annonce officielle de l’achat de ces avions de combat, faite vendredi lors d’un événement sur une base militaire, confirme une intention exprimée par le gouvernement colombien depuis avril dernier, sans toutefois avoir précisé à l’époque le nombre d’appareils ou le montant de l’accord. Ce choix s’est porté sur le constructeur suédois Saab, malgré les offres concurrentes d’entreprises américaines et françaises.
Les tensions avec les États-Unis ont atteint un point culminant après que le président Petro a accusé Washington de chercher à s’emparer des ressources pétrolières du Venezuela et de déstabiliser la région. Ces déclarations ont provoqué un échange virulent avec l’ancien président américain Donald Trump, qui a par la suite retiré l’aide financière américaine à la Colombie et l’a retirée de la liste des pays partenaires dans la lutte contre le trafic de drogue, qualifiant même Petro de « leader du commerce illégal de drogue » en raison de la production importante de cocaïne en Colombie.
Selon le président Petro, la Colombie doit se préparer à toute éventualité.
« Dans un monde géopolitiquement turbulent, cette agression peut venir de n’importe où »
Gustavo Petro, président colombien
Il a souligné que les nouveaux avions de combat seraient utilisés pour dissuader toute forme d’agression contre son pays, quelle que soit sa source.
La Colombie n’est pas le seul pays d’Amérique latine à exprimer des inquiétudes concernant les opérations militaires américaines dans la région. Plusieurs nations craignent que les déploiements de navires américains, justifiés par la lutte contre le trafic de drogue, ne soient en réalité motivés par d’autres objectifs. Le président vénézuélien Nicolás Maduro, allié de Petro, a également affirmé que ces opérations militaires américaines visent à renverser son régime.