Édition française
En continu
---Advertisement---

Technologie et science

La comète interstellaire 3I/ATLAS montre un jet périodique et révèle que son noyau tourne comme une horloge cosmique

Publié le 24 décembre 2025 19:42:00. Pour la première fois, des astronomes ont observé un jet de gaz et de poussière oscillant sur une comète interstellaire, offrant une opportunité unique d'étudier la composition et le comportement de ces…

La comète interstellaire 3I/ATLAS montre un jet périodique et révèle que son noyau tourne comme une horloge cosmique

Publié le 24 décembre 2025 19:42:00. Pour la première fois, des astronomes ont observé un jet de gaz et de poussière oscillant sur une comète interstellaire, offrant une opportunité unique d’étudier la composition et le comportement de ces objets venus d’autres systèmes stellaires.

  • Le télescope jumeau de deux mètres (TTT) de l’Observatoire du Teide a détecté un jet périodique sur la comète interstellaire 3I/ATLAS.
  • Cette observation permet d’estimer la période de rotation du noyau de la comète entre 14 et 17 heures.
  • L’étude de 3I/ATLAS, qui traverse actuellement le système solaire, pourrait aider à mieux comprendre la formation et l’éjection des corps glacés dans d’autres systèmes stellaires.

Une équipe d’astronomes utilisant le Two Meter Twin Telescope (TTT), exploité par Light Bridges en collaboration avec l’Institut d’Astrophysique des Îles Canaries, a réalisé une découverte significative : l’identification d’un jet étroit de gaz et de poussière sur la comète interstellaire 3I/ATLAS. Ce jet, qui apparaît de manière périodique et modulée, a permis de déterminer que le noyau de la comète effectue une rotation complète en 14 à 17 heures.

Cette observation, réalisée au cours d’une campagne de 37 nuits entre juillet et septembre 2025, constitue la première preuve d’une activité localisée et répétitive sur une comète d’origine interstellaire. Les données ont été obtenues grâce à des techniques de traitement d’image sophistiquées, permettant d’améliorer la visibilité du coma interne et de distinguer les structures de faible intensité.

L’analyse des images révèle qu’un jet fin et persistant émane du côté éclairé de la comète, se distinguant clairement de la queue de poussière antisolaire. Le comportement de ce jet varie régulièrement au fur et à mesure que le noyau de la comète tourne. La période de rotation estimée, entre 14 et 17 heures, est corroborée par d’autres analyses qui la placent autour de 15 heures et demie, suggérant un noyau relativement stable et une source d’activité localisée.

La connaissance de la période de rotation est cruciale pour comprendre l’activité des comètes. La chaleur solaire active des régions spécifiques du noyau, provoquant la sublimation de la glace et l’entraînement de poussière. Si le jet naît près d’un pôle, sa variation apparente est plus douce, tandis que s’il naît aux latitudes moyennes, le « balancement » devient plus évident.

Les images ont également mis en évidence une structure étroite vers la région éclairée, tandis que la queue de poussière s’étend en s’éloignant du Soleil. Ce type de configuration, parfois appelée « anti-queue » ou queue vers le Soleil, ne contredit pas la physique du vent solaire, mais reflète plutôt l’angle d’observation du plan orbital et la répartition des particules.

L’intérêt de cette observation est d’autant plus grand que 3I/ATLAS suit une trajectoire hyperbolique (elle n’est pas gravitationnellement liée à notre étoile) et s’éloigne déjà de nouveau dans l’espace interstellaire. Découverte initialement le 1er juillet 2025 par le système ATLAS au Chili et signalée au Minor Planet Center, la comète a depuis fait l’objet d’observations par la NASA et d’autres observatoires, notamment les télescopes Hubble et Webb, afin d’estimer sa taille et ses propriétés physiques.

Son passage le plus proche de la Terre a eu lieu le 19 décembre 2025, à une distance d’environ 270 millions de kilomètres, sans présenter de risque particulier. Malgré son origine externe, 3I/ATLAS s’avère « étonnamment normale », ne présentant rien d’exotique dans sa photométrie, son coma ou l’évolution de sa poussière et de ses gaz.

Cette normalité est précieuse pour les scientifiques, car elle permet de réduire les hypothèses exotiques et de se concentrer sur des processus mesurables. La comparaison avec 1I’Oumuamua et 2I Borisov, les deux précédents visiteurs interstellaires, permettra d’affiner les modèles de formation et d’éjection des corps glacés dans d’autres systèmes stellaires.

La possibilité de mesurer une rotation rapide, d’observer un jet périodique et de le distinguer de la queue antisolaire offre une fenêtre unique sur la physique d’un noyau qui a probablement passé des milliards d’années dans le froid interstellaire avant de recevoir une dose intense de rayonnement solaire. À l’avenir, des télescopes plus sensibles et des campagnes d’observation coordonnées permettront de traiter ces objets comme de véritables laboratoires naturels, chaque jet, chaque variation du coma et chaque changement de luminosité constituant un indice sur le fonctionnement des systèmes planétaires extérieurs.

Le communiqué officiel a été publié par l’Institut d’Astrophysique des Îles Canaries.

Join WhatsApp

Join Now

Join Telegram

Join Now

Laisser un commentaire

À propos de l’auteur: Thomas Caron

Thomas Caron couvre les technologies, les sciences, l’intelligence artificielle et l’innovation. Il explique les nouveautés sans jargon inutile et distingue les annonces spectaculaires des avancées réellement établies.