La carte électorale du Québec sera redessinée à l’automne, entraînant la disparition de deux circonscriptions en Gaspésie et à Montréal, tandis que deux nouvelles verront le jour dans les Laurentides et le Centre-du-Québec. Cette révision, fruit du travail de la Commission de la représentation électorale du Québec (CRE), vise à mieux refléter l’évolution démographique de la province.
Le changement le plus notable concerne la fusion des circonscriptions de Gaspé et de Bonaventure pour former Gaspé-Bonaventure. Par ailleurs, la circonscription de Matane-Matapédia s’agrandira en intégrant la MRC de La Haute-Gaspésie, conservant toutefois son nom actuel malgré une loi antérieure prévoyant un changement pour Matane-Matapédia-Mitis, la MRC de La Mitis n’y étant plus entièrement incluse suite aux modifications.
À Montréal, le comté de LaFontaine sera divisé entre Pointe-aux-Trembles et Anjou-Louis-Riel, qui deviendront respectivement Pointe-aux-Prairies et Anjou-LaFontaine.
Ces modifications ne sont pas sans susciter de réactions. Plusieurs députés, de tous les partis, ont exprimé leur inquiétude quant à la perte de poids politique de la Gaspésie. Le député de Matane-Matapédia, Pascal Bérubé, a souligné que l’agrandissement de sa circonscription la rendrait « presque impossible à parcourir pour un seul élu ».
En 2024, une loi visant à suspendre la révision de la carte électorale avait été adoptée à l’unanimité, mais elle a été jugée « inconstitutionnelle » et « inopérante » par la Cour d’appel. Le gouvernement de François Legault a contesté cette décision et a demandé l’autorisation d’interjeter appel devant la Cour suprême du Canada, qui n’a pas encore statué sur cette demande.
Jean-François Blanchet, président de la CRE et directeur général des élections, a défendu les changements, expliquant que « le retrait d’une circonscription fait toujours beaucoup réagir, mais c’est démocratique que le vote d’un électeur, d’une circonscription à l’autre, ait sensiblement la même influence sur les résultats d’une élection ».
La nouvelle carte prévoit également la création de la circonscription de Bellefeuille dans les Laurentides et Lanaudière, une région qui a connu une croissance démographique de 11,6 % depuis la dernière révision. Une autre nouvelle circonscription, Marie-Lacoste-Gérin-Lajoie, sera ajoutée dans l’Estrie et le Centre-du-Québec, au nord de l’actuelle circonscription de Johnson, qui sera renommée Daniel-Johnson.
Au total, 51 des 125 circonscriptions provinciales seront modifiées, que ce soit par des ajustements de délimitation ou par un changement de toponymie.
Québec solidaire propose une alternative : augmenter le nombre de députés à l’Assemblée nationale, passant de 125 à 127, afin d’accueillir les nouvelles circonscriptions sans supprimer d’élus existants. Le député solidaire Alexandre Leduc a déclaré : « Passer de 125 à 127 députés permettrait d’accueillir les nouvelles circonscriptions dans les Laurentides et le Centre-du-Québec sans sacrifier qui que ce soit ». Le parti demande aux autres formations politiques de soutenir cette proposition.
La révision de la carte électorale est prévue par la Loi électorale après deux élections générales, afin de tenir compte des mouvements de population et de garantir une représentation équitable, avec environ 51 000 électeurs par circonscription.
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