Des chercheurs de l’Université de Lausanne et d’UniSanté ont lancé les « Toxic Tours » à Monthey, en Valais, pour sensibiliser le public à la pollution invisible. Dans cette région, la commune recommande d’empêcher les enfants de jouer dans la terre en raison de fortes concentrations de PFAS détectées dans les nappes phréatiques et les jardins.
L’initiative des « Toxic Tours » pour rendre visible l’invisible
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La pollution chimique est souvent imperceptible, absente des sens humains jusqu’à ce que les analyses de laboratoire révèlent l’ampleur des dégâts. C’est pour briser ce silence visuel que Le Temps a rapporté l’existence des « Toxic Tours », des marches guidées conçues pour confronter les citoyens à la réalité environnementale de leur territoire.
Ce projet est porté par trois chercheurs de l’Université de Lausanne et d’UniSanté. L’initiative bénéficie du soutien financier du Fonds national suisse pour la recherche scientifique, soulignant l’importance académique et sociale de transformer des données techniques en une expérience tangible pour la population.
L’objectif est clair : sortir la science des laboratoires pour l’amener sur le terrain, là où les contaminants s’accumulent.
Le contraste alarmant du site chimique de Monthey
Laisserez-vous vos enfants jouer à ces jeux vidéos ?
Le cadre des premières visites est trompeur. À Monthey, le paysage semble idyllique : des vaches paissent dans les hautes herbes sous la lumière douce d’une fin de journée, avec les sommets chablaisiens en arrière-plan. Pourtant, cette esthétique bucolique masque une infrastructure industrielle lourde.
L’observation directe révèle des conduites métalliques massives bordant les prés. Ces installations mènent à la station d’épuration du site chimique de Monthey, un point névralgique où la gestion des effluents industriels entre en collision avec la vie quotidienne des riverains, dont les jardins jouxtent ces installations.
Les restrictions d’usage des sols et les risques sanitaires
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L’enjeu majeur de ces visites concerne les PFAS, des substances per- et polyfluoroalkylées persistantes dans l’environnement et le corps humain. À Monthey, la contamination n’est plus une hypothèse mais une réalité mesurée dans les nappes phréatiques et les sols.
“Sous nos pieds, dans la nappe phréatique, de fortes quantités de PFAS ont été détectées. Tout comme dans ces jardins, où la commune conseille de peler les légumes, de se laver les mains après l’activité et d’empêcher les enfants de jouer dans la terre.”
Carole Morisod, présidente de l’association Chablair et députée Verte au parlement valaisan
Ces recommandations communales transforment radicalement le rapport des habitants à leur propre jardin. Des gestes simples, comme le contact avec la terre ou la consommation de produits du potager, deviennent des sources de risque potentiel.
La stratégie de prévention repose désormais sur trois piliers :
L’obligation de peler les légumes pour limiter l’ingestion de particules contaminées.
Un lavage systématique des mains après toute activité extérieure.
L’interdiction stricte pour les enfants de jouer directement dans la terre.
Cette situation met en lumière la vulnérabilité des populations locales face aux héritages industriels. Le risque n’est plus seulement environnemental, il devient domestique, s’invitant dans l’intimité des jardins familiaux.
Thomas Caron couvre les technologies, les sciences, l’intelligence artificielle et l’innovation. Il explique les nouveautés sans jargon inutile et distingue les annonces spectaculaires des avancées réellement établies.