Le bénéfice net du groupe Emirates a chuté de 66 % au premier semestre de l’exercice fiscal 2026-2027, s’établissant à un milliard de dollars, contre 2,9 milliards de dollars à la même période l’an dernier. Ce recul marqué des résultats financiers reflète l’impact direct du conflit au Moyen-Orient sur les opérations aériennes.
La rentabilité face aux tensions régionales
La compagnie aérienne de Dubaï a vu son chiffre d’affaires semestriel reculer de 13 % pour atteindre 15,5 milliards de dollars, selon les données publiées le 5 novembre 2026.
Les frappes américano-israéliennes contre l’Iran, lancées le 28 février 2026, ont provoqué des fermetures d’espace aérien et des recommandations de voyage restrictives. La demande des passagers a ralenti en conséquence.
L’Ebitda du groupe a plongé de 41 % pour s’établir à 3,04 milliards d’euros. Le nombre de passagers transportés a chuté de 22 % entre avril et septembre 2026, totalisant 21,8 millions de personnes.
Le trafic en passagers-kilomètres payants a reculé de 25 %. Le taux de remplissage des appareils a glissé de 79,5 % à 72 %.

Le coût du carburant a pesé sur les comptes. La facture de kérosène a augmenté de 13 %, malgré des gains de couverture de 7,1 milliards de dirhams. Ce poste représente désormais 34 % des coûts d’exploitation totaux.
Le fret aérien soutient l’activité
L’activité Emirates SkyCargo a stabilisé les revenus du groupe. Les revenus de cette division ont bondi de 52 %, alors que les volumes transportés ont reculé de 1 %, à 1,2 million de tonnes.
Emirates a renforcé sa flotte avec la livraison de cinq nouveaux Boeing 777 cargo. Un appareil passagers a également été converti en avion-cargo.
Le bénéfice avant impôt de la division a reculé de 51 %. Le chiffre d’affaires de la branche voyage a chuté de 31 %, après la cession des entités Travel Republic et Netflights au Royaume-Uni.

La gestion des ressources et les perspectives
Le groupe a réduit sa masse salariale de 2 %, pour atteindre 128 237 employés. Le PDG, Cheikh Ahmed ben Saeed Al Maktoum, a qualifié les six derniers mois d’éprouvants.
Le dirigeant maintient une trésorerie de 13,2 milliards d’euros. « Nous abordons le second semestre de notre exercice 2026-27 avec un optimisme mesuré », a-t-il déclaré.
La direction surveille les coûts et la situation géopolitique. Elle poursuit ses investissements, incluant la réception de neuf A350 et la modernisation des cabines avec le système Starlink, alors que le bénéfice net de la même période l’an dernier s’élevait à 2,9 milliards de dollars.