Publié le 16 décembre 2025 à 21h15. Une étude récente suggère un lien étroit entre les symptômes de conjonctivite allergique et la qualité du sommeil, soulevant la possibilité d’un cercle vicieux affectant de nombreux patients.
- Une enquête en ligne a révélé des corrélations significatives entre les symptômes de conjonctivite allergique et une mauvaise qualité du sommeil.
- Les femmes sont deux fois plus susceptibles de souffrir de troubles du sommeil liés aux allergies que les hommes.
- Les chercheurs envisagent d’approfondir les recherches pour déterminer si le manque de sommeil aggrave les allergies ou vice versa.
BOSTON – Des chercheurs canadiens ont mis en évidence un lien potentiel entre la conjonctivite allergique et les troubles du sommeil, une découverte présentée lors de l’Académie 2025. Cette association pourrait indiquer une boucle auto-entretenue où les allergies perturbent le sommeil, et un sommeil insuffisant exacerbe les symptômes allergiques.
« La conjonctivite allergique est une affection oculaire très courante, particulièrement pendant les saisons de pollen et les pics d’allergies », explique Leena Panach, docteure en optométrie et directrice de l’intégration clinique chez Lynn Valley Optometry au Canada. « Cependant, en optométrie, on n’avait jusqu’à présent pas étudié cette condition dans le contexte plus large de la santé systémique et de son impact sur le sommeil. »

Pour explorer cette association, l’équipe de Panaich a mené une enquête en ligne entre le 17 mars 2025 et le 1er mai 2025, diffusée via leur cabinet et les réseaux sociaux. Un total de 466 participants des États-Unis, du Canada et d’autres pays ont répondu à l’enquête.
Les participants ont été interrogés sur leurs symptômes de conjonctivite allergique (démangeaisons, rougeurs, gonflement des paupières) ainsi que sur la qualité, la durée et le repos de leur sommeil, et sur tout trouble du sommeil diagnostiqué.
L’analyse des données a révélé des liens significatifs entre les symptômes de conjonctivite allergique et :
- la qualité du sommeil (P < 0,001);
- la durée du sommeil (P = 0,01); et
- la difficulté à s’endormir (P = 0,05).
Les résultats ont également montré que les femmes étaient deux fois plus susceptibles de souffrir de troubles du sommeil liés aux allergies, et que les adultes âgés de 41 à 60 ans étaient particulièrement touchés.
« Je pense que c’était un très bon signal d’alarme en termes de la façon dont, en tant qu’optométristes, nous pouvons nous associer à la santé systémique »,
Leena Panach, docteure en optométrie
« Comment pouvons-nous non seulement traiter les symptômes, mais aussi adopter une approche plus globale pour identifier l’inflammation et son impact potentiel sur le sommeil ? » s’interroge-t-elle.
Panaich reconnaît que la question de savoir ce qui vient en premier – le manque de sommeil ou l’inflammation – reste à élucider. « Est-ce que le manque de sommeil provoque l’inflammation, ou est-ce l’inverse ? », demande-t-elle. « Je pense que c’est une piste intéressante pour de futures recherches. »
Pour plus d’informations :
Leena Panach, docteure en optométrie, peut être contactée à [email protected].
Sources/Divulgations
Source :
Panaich L, et al. De l’allergie à l’insomnie : un signal d’alarme concernant la conjonctivite allergique et le sommeil. Présenté à : Académie 2025 ; 8-11 octobre 2025 ; Boston.
Divulgations : Panaich n’a déclaré aucun conflit d’intérêts financier. Veuillez consulter l’étude pour connaître les informations financières pertinentes de tous les autres auteurs.
