Home AffairesLa contestation du contrat de train Enterprise de 650 millions d’euros pourrait entraîner une perte de financement de 165 millions d’euros, a déclaré le tribunal – The Irish Times

La contestation du contrat de train Enterprise de 650 millions d’euros pourrait entraîner une perte de financement de 165 millions d’euros, a déclaré le tribunal – The Irish Times

by Amélie Bernard

Publié le 2025-11-05 16:48:00. Une bataille juridique éclate autour de l’attribution d’un contrat de 650 millions d’euros pour la modernisation de la ligne ferroviaire Dublin-Belfast, menaçant un financement européen crucial et retardant potentiellement un projet vital pour les infrastructures irlandaises et nord-irlandaises.

  • Un tribunal de grande instance examine une contestation de l’attribution du contrat à Stadler Bussnang AG.
  • Le soumissionnaire évincé, CAF SA, conteste le respect des règles européennes en matière de marchés publics.
  • Jusqu’à 165 millions d’euros de financement européen sont en jeu, conditionnés à l’achèvement du projet avant fin 2029.

Le futur service ferroviaire Dublin-Belfast, dont le matériel roulant est à remplacer, pourrait subir un retard majeur en raison d’une contestation judiciaire. Iarnród Éireann (Irish Rail) et Northern Ireland Railways Co Ltd ont saisi la justice afin d’accélérer la procédure et de lever les obstacles à l’attribution du contrat à Stadler Bussnang AG, une entreprise suisse. L’affaire a été admise devant le tribunal de commerce accéléré, selon une décision du juge Mark Sanfey mercredi.

La société espagnole Construcciones Y Auxiliar De Ferrocarriles (CAF) SA, qui n’a pas été retenue, a déposé une plainte contestant la conformité du processus d’appel d’offres aux réglementations européennes. Cette contestation a automatiquement suspendu l’attribution du contrat, sauf si un tribunal décide d’y mettre fin. Selon les informations révélées, CAF aurait été inscrite sur une liste noire de l’ONU concernant les entreprises opérant dans les territoires palestiniens occupés, un élément qui pourrait influencer la décision du tribunal.

Le contrat, attribué le 18 septembre à Stadler Bussnang AG, vise à remplacer le matériel roulant vieillissant de la ligne Dublin-Belfast. Peter Smyth, ingénieur en chef chez Irish Rail, a souligné dans une déclaration sous serment la nécessité urgente de cette modernisation. La flotte actuelle, qui approche de la fin de sa durée de vie de 30 ans (prévue fin 2027), nécessitera des investissements considérables pour maintenir un service sûr et fiable au-delà de cette date.

Ce projet est crucial pour la connectivité et le développement économique de l’île d’Irlande. Avec 3,3 millions de personnes vivant à moins de 40 miles (environ 64 kilomètres) de la ligne, un service ferroviaire rapide et fiable est essentiel. L’investissement prévu permettra de doubler la fréquence des trains entre Dublin et Belfast, passant de huit à seize services quotidiens. Il permettra également de remplacer les anciens trains “non-Enterprise”, jugés moins confortables, plus coûteux à exploiter et moins efficaces.

L’objectif est d’atteindre une capacité de quatre millions de passagers par an d’ici 2030, avec 2,4 million de voyages prévus dès 2033. Les nouveaux trains devraient également circuler à des vitesses plus élevées que les 145 kilomètres par heure actuels. Le financement du projet est assuré par le gouvernement irlandais, le ministère des Infrastructures d’Irlande du Nord et des programmes de financement de l’Union européenne pour les six comtés d’Irlande du Nord.

Jusqu’à 165 millions d’euros proviendront de l’UE, mais ce financement est conditionné à l’achèvement du projet avant le 31 décembre 2029. Si cette date limite n’est pas respectée, les coûts non couverts ne seront plus remboursables. Irish Rail craint qu’aucun des soumissionnaires ne puisse livrer l’ensemble des huit trains prévus à temps, mais a demandé à l’UE d’approuver le financement sur la base de la livraison de quatre trains dans les délais impartis. En cas de perte du financement européen, les gouvernements irlandais et nord-irlandais devront combler le déficit.

Lors de l’audience de mercredi, Catherine Donnelly SC, avocate représentant Irish Rail, a insisté sur l’urgence de la situation, soulignant le risque de perdre le financement européen et le temps nécessaire à Stadler Bussnang AG pour exécuter le contrat. Jonathan Newman SC, représentant CAF, a exprimé sa surprise face à l’argument de la perte du financement européen, estimant qu’il contredisait le système de notation de l’appel d’offres, qui accordait une importance significative au respect des délais. Il a également souligné que la contestation de son client portait non seulement sur des erreurs de notation, mais aussi sur le manque de clarté des documents de l’appel d’offres.

Le juge Sanfey a indiqué qu’il pourrait statuer rapidement sur l’affaire et a fixé une nouvelle audience dans deux semaines.

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