L’action Nvidia a connu une semaine difficile, plongeant de plus de 7 % et effaçant près de 800 milliards de dollars de capitalisation boursière, après une période de croissance spectaculaire. Cette correction intervient alors que les investisseurs évaluent de plus près la pérennité de l’engouement autour de l’intelligence artificielle et que l’entreprise doit faire face à des obstacles politiques et concurrentiels.
La valeur de l’action a clôturé à 182,16 $, marquant une baisse quotidienne de 3,15 %. Malgré ce recul, Nvidia reste un géant du secteur, ayant atteint une valorisation de 4,38 billions de dollars il y a peu, se hissant brièvement au rang d’entreprise cotée la plus valorisée au monde.
Un facteur majeur de cette baisse est la décision de l’administration américaine d’étendre les restrictions à l’exportation de semi-conducteurs avancés. La Maison Blanche a bloqué la vente des nouveaux processeurs d’IA B30A de Nvidia à la Chine, même après que l’entreprise les ait modifiés pour respecter les seuils d’exportation précédents. Cette mesure compromet la présence de Nvidia sur le deuxième marché mondial des centres de données, après que les séries A800 et H800 aient déjà été interdites.
Les dirigeants de Nvidia estiment que ces restrictions pourraient réduire leurs revenus trimestriels potentiels de 2 à 5 milliards de dollars. De plus, Pékin a ordonné à tous les centres de données financés par l’État de n’utiliser que des puces de conception nationale, une politique qui pourrait exclure Nvidia d’un marché en pleine croissance.
Lors d’une visite à Taïwan, le PDG de Nvidia, Jensen Huang, a confirmé que l’entreprise n’avait « aucune discussion active » en cours pour vendre ses GPU Blackwell à des acheteurs chinois, privilégiant la satisfaction de la demande américaine et européenne. Il a reconnu que Nvidia ne détenait actuellement « aucune part du marché chinois du calcul de l’IA », tout en minimisant l’impact financier immédiat sur ses prévisions.
Cette situation a également affecté l’ensemble du secteur des semi-conducteurs, avec des baisses de 1,3 % et 1,1 % pour les indices sectoriels, reflétant la vulnérabilité collective des fabricants de puces d’IA face aux tensions géopolitiques.
Malgré ces difficultés, les résultats financiers de Nvidia restent solides. Le chiffre d’affaires a atteint 46,74 milliards de dollars, en hausse de 55,6 % sur un an, et le bénéfice net a bondi de 59,18 % à 26,42 milliards de dollars. La marge bénéficiaire nette de l’entreprise s’élève à 56,5 %, un niveau exceptionnel dans le secteur technologique.
L’inquiétude grandit également quant à la nécessité d’investissements massifs pour soutenir le développement de l’IA. Des informations suggèrent que le plan d’infrastructure d’OpenAI pourrait nécessiter jusqu’à 1 400 milliards de dollars d’investissements cumulés, soulevant des questions sur la viabilité financière de ce modèle économique.
Nvidia, qui a conclu des partenariats de plusieurs milliards de dollars avec OpenAI et d’autres entreprises, pourrait être confrontée à un risque systémique si les projets d’IA ne génèrent pas les rendements escomptés. L’adoption mondiale de l’IA est encore à ses débuts, mais elle nécessite des investissements considérables en infrastructure.
Les dépenses d’investissement des entreprises technologiques augmentent également. a relevé ses prévisions de dépenses d’investissement pour 2025 à entre 116 et 118 milliards de dollars, tandis que prévoit de dépenser entre 91 et 93 milliards de dollars. Ces investissements profitent à Nvidia, dont la plateforme CUDA et le système d’interconnexion NVLink sont devenus indispensables pour la formation en IA.
Malgré une volatilité à court terme, les analystes restent optimistes quant aux perspectives à long terme de Nvidia. Ils prévoient un bénéfice par action de près de 5,00 $ pour l’exercice 2026, et jusqu’à 7,00 $ pour l’exercice 2027, ce qui pourrait porter la valeur de l’action à environ 392 $, soit une hausse de plus de 115 % par rapport aux niveaux actuels.
Bien que des concurrents comme DMLA progressent dans le domaine des accélérateurs d’IA, la prochaine plateforme Vera Rubin NVL144 CPX de Nvidia devrait maintenir son avance en termes de performances jusqu’en 2026. L’entreprise est devenue un acteur stratégique dans le développement de l’IA, et son leadership technologique reste incontesté.
À ne pas manquer
