Publié le 4 décembre 2023. La Cour suprême de justice de Colombie a rejeté la demande de détention préventive à l’encontre du ministre de l’Intérieur, Armando Benedetti, dans le cadre d’une enquête pour enrichissement illicite et blanchiment d’argent, estimant que les preuves actuelles ne justifient pas une telle mesure.
- La Chambre d’instruction de la Cour suprême a estimé que les conditions pour imposer une mesure de sûreté n’étaient pas remplies dans cette affaire spécifique.
- Une autre enquête pour corruption et enrichissement illicite, menée par la juge Cristina Lombana, reste en cours et a déjà donné lieu à une perquisition au domicile du ministre.
- La défense d’Armando Benedetti voit dans cette décision un renforcement du principe de la non-bis in idem.
La Cour suprême de justice a décidé de ne pas incarcérer Armando Benedetti, ministre de l’Intérieur, malgré les accusations portées contre lui pour enrichissement illicite et blanchiment d’argent. La décision, rendue à Bogota, fait suite à l’examen de la requête du juge César Reyes. Selon la Cour, les éléments de preuve présentés à ce stade de l’enquête ne permettent pas de justifier une mesure de restriction de liberté.
La Chambre d’instruction a précisé que l’enquête se déroule jusqu’à présent sans entrave et que les preuves recueillies proviennent principalement de sources publiques et de documents officiels, ce qui réduit considérablement le risque d’altération ou de manipulation. Elle a donc conclu qu’il n’existait pas de danger réel d’entrave à la justice imputable au ministre Benedetti.
La Cour a également souligné que, bien que les preuves soient suffisantes pour formuler une accusation, cela ne justifie pas en soi une détention préventive. Elle a estimé qu’à ce stade du processus, une restriction précoce de la liberté n’était pas constitutionnellement justifiée.
Cette décision ne signifie toutefois pas la fin des poursuites contre Armando Benedetti. Une autre enquête, dirigée par la juge Cristina Lombana, est toujours en cours et porte sur des allégations de corruption et d’enrichissement illicite. Cette enquête a déjà conduit à une perquisition au domicile du ministre à Barranquilla, dans le quartier de Lagos de Caujaral.
La défense du ministre a salué cette décision, la considérant comme un argument de poids pour d’autres procédures en cours. Elle estime que l’analyse de la Cour suprême renforce l’application du principe de la non-bis in idem – qui interdit de juger une personne deux fois pour les mêmes faits – et pourrait empêcher le lancement de nouvelles actions parallèles.
La Cour a toutefois précisé que sa décision est limitée au dossier examiné et n’implique pas la clôture des autres enquêtes en cours.
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