Publié le 23 décembre 2025 à 21h23. La Cour suprême des États-Unis a rejeté mardi la demande de l’administration Trump d’envoyer la Garde nationale à Chicago pour soutenir les agents de l’Immigration et des Douanes, mettant fin à une bataille juridique concernant le déploiement de forces militaires sur le territoire américain.
- La Cour suprême a estimé que la loi invoquée par la Maison Blanche pour justifier ce déploiement ne s’applique qu’en cas d’insuffisance des forces régulières.
- Cette décision constitue une victoire pour la juge fédérale April M. Perry, qui avait initialement bloqué le déploiement.
- L’administration Trump avait justifié cette mesure par une prétendue « résistance violente » à l’encontre des agents fédéraux à Chicago.
La Cour suprême des États-Unis a donc confirmé, par six voix contre trois, le blocage du déploiement de centaines de soldats de la Garde nationale de l’Illinois à Chicago. L’administration Trump avait sollicité cette intervention afin de renforcer la sécurité des agents de l’Immigration et des Douanes (ICE) alors qu’ils appliquaient la politique d’immigration du gouvernement, jugée particulièrement stricte.
Selon les juges, la loi sur laquelle s’appuyait la Maison Blanche pour demander un déploiement d’urgence ne permet d’utiliser la Garde nationale que lorsque les forces de police et militaires régulières s’avèrent insuffisantes pour maintenir l’ordre. La Cour a souligné que le gouvernement n’avait pas réussi à démontrer une telle insuffisance dans le cas de Chicago.
« À ce stade préliminaire, le Gouvernement n’a pas réussi à identifier une source d’autorité qui permet à l’armée d’exécuter les lois de l’Illinois »,
Cour suprême des États-Unis
La décision de la Cour suprême pourrait créer un précédent pour d’autres litiges similaires engagés par l’administration Trump contre des États démocrates, notamment la Californie, concernant la fédéralisation des forces de la Garde nationale. Un tel événement n’a pas eu lieu aux États-Unis depuis soixante ans.
La juge fédérale April M. Perry, nommée par le président Joe Biden, avait déjà bloqué la tentative de déploiement début octobre, estimant que les justifications présentées par le gouvernement manquaient de « crédibilité suffisante ». Les autorités de l’Illinois avaient également insisté sur le fait que la présence militaire n’était pas nécessaire, affirmant que les forces de l’ordre locales avaient géré les manifestations sans incident majeur et qu’il n’existait aucune preuve crédible justifiant une intervention fédérale.
Ces derniers mois, Donald Trump avait ordonné le déploiement de la Garde nationale à Portland (Oregon), Los Angeles et Washington D.C., malgré l’opposition des autorités locales, sous le prétexte de protéger les agents de l’Immigration et des Douanes et d’appliquer sa politique migratoire. Des déploiements similaires avaient déjà suscité de vives controverses.
La décision de la Cour suprême marque donc un nouveau revers pour l’administration Trump dans sa tentative de renforcer le contrôle fédéral sur les questions d’immigration et de sécurité intérieure.