Home MondeLa Cour suprême des États-Unis approuve la politique de l’administration Trump selon laquelle les personnes transgenres ne sont pas autorisées à choisir le sexe de leur passeport | Internationale | Agence centrale de presse CNA

La Cour suprême des États-Unis approuve la politique de l’administration Trump selon laquelle les personnes transgenres ne sont pas autorisées à choisir le sexe de leur passeport | Internationale | Agence centrale de presse CNA

by Clara Dubois

Publié le 7 novembre 2025 à 07h24. La Cour suprême des États-Unis a autorisé l’administration Trump à interdire aux personnes transgenres et non binaires d’afficher leur identité de genre sur leur passeport, une décision vivement critiquée par les défenseurs des droits LGBTQ+.

  • La Cour suprême a donné son feu vert à la politique de l’administration Trump, permettant l’application de la règle pendant que le litige est en cours.
  • Cette décision met fin à une ordonnance précédente qui autorisait les citoyens à choisir « Homme (M) », « Femme (F) » ou « X » comme marqueur de genre sur leur passeport.
  • Trois juges de la Cour suprême se sont opposés à cette décision, soulignant les risques accrus de violence et de discrimination pour les personnes transgenres.

Washington – La Cour suprême des États-Unis a statué en faveur de l’administration Trump dans une affaire concernant les passeports et l’identité de genre, autorisant la mise en œuvre d’une politique controversée qui limite les options de marqueur de genre à celles basées sur le sexe assigné à la naissance. Cette décision, rendue ce jeudi 7 novembre, intervient après plusieurs années de bataille juridique et marque une nouvelle victoire pour les conservateurs à la Cour suprême.

Selon l’Associated Press, cette autorisation de procéder est une forme de « procédure d’urgence », permettant au gouvernement d’appliquer la politique en attendant la résolution du litige en cours. Auparavant, un tribunal inférieur avait ordonné au gouvernement de continuer à autoriser les citoyens à choisir entre les options « Homme (M) », « Femme (F) » et « X » en fonction de leur identité de genre lors de la demande d’un nouveau passeport ou du renouvellement d’un passeport existant.

La Cour suprême, à majorité conservatrice, a justifié sa décision en affirmant que la politique ne constituait pas une discrimination. Dans une ordonnance laconique, elle a déclaré que l’indication du sexe à la naissance sur un passeport ne viole pas le principe d’égalité de protection plus que l’indication du pays de naissance. Le gouvernement, selon la Cour, se contente d’énoncer un fait historique et ne discrimine personne.

La procureure générale des États-Unis, Pam Bondi, a salué cette décision, affirmant qu’il n’y a « que deux sexes » et que le ministère de la Justice continuera à défendre cette « simple vérité ».

Les juges dissidents, Ketanji Brown Jackson et deux autres magistrats libéraux, ont vivement critiqué cette décision, arguant qu’elle expose les personnes transgenres à un « risque accru de violence, de harcèlement et de discrimination ». La juge Jackson a souligné dans son opinion dissidente que cette politique découle directement du décret de Trump qui qualifiait les identités transgenres de « fausses » et de « corrosives ».

Les plaignants dans cette affaire ont témoigné avoir subi du harcèlement sexuel, des fouilles intrusives et même des accusations de possession de faux documents dans les aéroports en raison de la discordance entre le marqueur de genre sur leur passeport et leur apparence.

Le Département d’État américain avait révisé la réglementation sur les passeports suite à un décret de Trump en janvier, stipulant que les États-Unis ne reconnaîtraient que deux genres – « homme » et « femme » – basés sur l’acte de naissance et le sexe biologique. L’acteur transgenre Hunter Schafer a ainsi rapporté en février que son nouveau passeport était étiqueté masculin, alors que son permis de conduire et son ancien passeport étaient féminins.

Jon Davidson, conseiller juridique principal de l’American Civil Liberties Union (ACLU), a dénoncé cette décision, affirmant que l’ACLU continuera à se battre pour les droits des personnes transgenres. Il a déclaré : « Forcer les personnes transgenres à porter des passeports révélant leur identité contre leur gré ne fera qu’augmenter leur risque de harcèlement et de violence. C’est un coup dur porté à la liberté de chacun d’être soi-même, et cela alimente également les attaques de l’administration Trump contre les personnes transgenres et leurs droits constitutionnels. »

Les documents judiciaires révèlent que l’indication du genre sur les passeports a débuté au milieu des années 1970. Depuis le début des années 1990, le gouvernement autorisait les modifications de genre sur présentation de documents médicaux. En 2021, le président Biden avait initié des changements visant à supprimer les exigences de certification médicale et à permettre aux personnes non binaires de choisir le marqueur de genre « X », fruit de plusieurs années de litige.

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