Brasília – La Cour suprême fédérale du Brésil a définitivement rejeté, ce jeudi 11 septembre 2025, le recours de l’ancien président Jaïr Bolsonaro contre sa condamnation à 27 ans et trois mois de prison pour tentative de coup d’État. Cette décision marque un tournant décisif dans la procédure judiciaire visant à établir les responsabilités dans les événements survenus après sa défaite électorale en octobre 2022.
Le juge Alexandre de Moraes a jugé irrecevable l’appel de la défense, estimant qu’il ne répondait pas aux exigences procédurales de la Cour. Selon le règlement, un tel recours n’est valable que si au moins deux des cinq juges de la chambre se prononcent contre la condamnation. Or, un seul juge s’est exprimé en faveur de l’acquittement dans cette affaire.
La défense de Bolsonaro avait argué que le règlement intérieur de la Cour suprême permettait la révision de toute décision rendue en désaccord, et accusait la Première Chambre d’avoir outrepassé ses prérogatives en bloquant l’appel. Elle affirmait que, en l’absence d’unanimité, la loi du tribunal imposait automatiquement un examen de la sentence. Le juge Moraes a cependant maintenu sa position, précisant que la procédure contestée, dite de « violation de l’embargo », est une mesure exceptionnelle réservée aux décisions partagées avec au moins deux voix en faveur de l’acquittement.
L’ancien président, âgé de 70 ans, a été reconnu coupable d’avoir dirigé une « organisation criminelle » visant à instaurer un « contrôle autoritaire du pouvoir » après sa défaite face à Luiz Inácio Lula da Silva. Il purge déjà une peine de prison au siège de la Police fédérale à Brasília depuis fin novembre.
Par ailleurs, les avocats de Bolsonaro avaient sollicité une assignation à résidence pour leur client, invoquant des problèmes de santé liés aux conséquences du coup de couteau qu’il a reçu en 2018 et à la nécessité de deux interventions chirurgicales : un blocage du nerf phrénique pour traiter des hoquets récurrents, et une opération pour une hernie inguinale. Une évaluation médicale de la Police fédérale, ordonnée par le juge Moraes, a confirmé la pertinence de ces interventions. Le magistrat doit désormais statuer sur l’autorisation de ces soins et d’un éventuel transfert à l’hôpital de Brasília.
Cette affaire a également eu des répercussions diplomatiques. Les tensions entre les États-Unis et le Brésil se sont accrues en raison des liens étroits entre Bolsonaro et l’ancien président américain Donald Trump. Ce dernier avait dénoncé une « chasse aux sorcières » contre Bolsonaro et avait réagi en imposant des droits de douane au Brésil. Ces tarifs ont été partiellement abrogés après une rencontre entre Trump et Lula en octobre dernier.
Au niveau législatif, le Congrès brésilien, à majorité conservatrice, a adopté cette semaine une loi visant à réduire la peine de prison de Bolsonaro à un peu plus de deux ans. Cependant, le président Lula a annoncé son intention d’opposer son veto à cette loi, bien que le Parlement puisse annuler ce veto à la majorité des voix.
À retenir
- Jaïr Bolsonaro a vu son recours rejeté par la Cour suprême et devra purger sa peine de 27 ans et trois mois de prison.
- La procédure judiciaire a engendré des tensions diplomatiques avec les États-Unis, notamment suite aux réactions de Donald Trump.
- Une loi visant à réduire la peine de Bolsonaro a été adoptée par le Congrès, mais Lula a annoncé son intention d’opposer son veto.
Contexte
L’affaire remonte aux événements qui ont suivi la défaite de Jaïr Bolsonaro face à Luiz Inácio Lula da Silva lors de l’élection présidentielle d’octobre 2022. Des accusations de tentative de coup d’État ont été portées contre Bolsonaro et plusieurs de ses alliés, soupçonnés d’avoir conspiré pour contester les résultats du scrutin et maintenir l’ancien président au pouvoir.
Ce qui change
La décision de la Cour suprême confirme la condamnation de Bolsonaro et renforce l’état de droit au Brésil. Elle pourrait également avoir des conséquences sur la scène politique brésilienne, en affaiblissant l’influence de l’ancien président et de ses partisans. Les relations diplomatiques avec les États-Unis restent tendues, malgré l’abrogation partielle des droits de douane.
Prochaines étapes
Il faudra surveiller la décision du juge Moraes concernant l’autorisation des soins médicaux et d’un éventuel transfert de Bolsonaro à l’hôpital. L’issue du veto présidentiel sur la loi réduisant la peine de prison sera également un moment clé. Enfin, l’évolution des relations diplomatiques entre le Brésil et les États-Unis reste à suivre.
Chiffres clés
- 27 ans et 3 mois : Durée de la peine de prison infligée à Jaïr Bolsonaro.
- 2022 : Année de l’élection présidentielle brésilienne et des événements qui ont conduit à la procédure judiciaire.
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