Home NouvellesLa course de traîneaux à chiens du Groenland se demande qui a invité l’envoyé de Trump à l’événement

La course de traîneaux à chiens du Groenland se demande qui a invité l’envoyé de Trump à l’événement

by Nicolas Lefèvre

L’invitation controversée de l’envoyé américain au Groenland à la prestigieuse course annuelle de chiens de traîneau, l’Avannaata Qimussersua, suscite l’indignation des organisateurs, exacerbant les tensions géopolitiques entre les États-Unis, le Groenland et le Danemark.

L’Association Groenlandaise de Course de Chiens de Traîneau (KNQK) a exprimé son « total désaccord » face à la possible présence du gouverneur Jeff Landry, l’envoyé récemment nommé par le président américain, lors de l’événement qui se déroulera en janvier 2026. Selon un communiqué publié par le président de l’association, Mikkel Jeremiassen, l’organisation s’interroge sur les circonstances de cette invitation.

« Le 8 janvier 2026, la KNQK a reçu une demande d’un journaliste américain indiquant que le gouverneur Landry avait été invité à l’Avannaata Qimussersua », a précisé M. Jeremiassen. « Le conseil d’administration de la KNQK considère comme inacceptable toute pression politique extérieure et estime que la participation d’acteurs politiques étrangers à notre course est totalement inappropriée. » Une enquête est en cours pour déterminer qui a émis ces invitations.

L’Avannaata Qimussersua, qui rassemble chaque année environ 37 conducteurs de chiens et leurs 444 animaux, est une compétition emblématique qui se déroule dans l’ouest du Groenland, au-delà du cercle polaire arctique. La course est soumise à des règles strictes, n’autorisant que les chiens de race groenlandaise à y participer.

Cette controverse intervient dans un contexte de tensions persistantes. L’ancien président américain Donald Trump a publiquement exprimé son intérêt pour l’acquisition du Groenland, estimant que son contrôle par les États-Unis est vital pour la « sécurité nationale ». Ces déclarations ont inquiété les pays de l’OTAN.

Le ministre danois des Affaires étrangères, Lars Lokke Rasmussen, et la ministre groenlandaise des Affaires étrangères, Vivian Moltzfeldt, ont sollicité une rencontre avec le secrétaire d’État américain, Marco Rubio. Le vice-président américain, JD Vance, a également été invité à participer à ces discussions, qui se tiendront à Washington DC à une date ultérieure.

M. Vance et son épouse, Usha Vance, avaient initialement prévu d’assister à l’Avannaata Qimussersua l’année dernière, mais ont modifié leur itinéraire en raison de protestations locales. Ils avaient été accompagnés de Mike Waltz, alors conseiller à la sécurité nationale, et du secrétaire à l’énergie, Chris Wright, et avaient dû éviter les zones densément peuplées pour limiter les contacts avec les manifestants.

L’implication de M. Vance dans les négociations avec M. Rubio, M. Rasmussen et Mme Moltzfeldt pourrait s’avérer délicate, compte tenu de son soutien affiché à l’idée d’une acquisition du Groenland par les États-Unis. La semaine dernière, il a mis en garde l’Europe contre le fait de ne pas prendre au sérieux les ambitions de M. Trump à cet égard, déclarant : « Ce que nous demandons à nos amis européens, c’est de prendre la sécurité de cette masse continentale plus au sérieux, car s’ils ne le font pas, les États-Unis devront faire quelque chose. »

Le Groenland est riche en ressources naturelles, notamment du pétrole, du gaz, ainsi que des minéraux tels que le zinc, le cuivre, le nickel et le graphite. Sa position géographique stratégique, entre l’Arctique nord-américain et l’Europe, constitue également un atout majeur.

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