Home MondeLa défunte icône française Brigitte Bardot : trois moments mythiques

La défunte icône française Brigitte Bardot : trois moments mythiques

by Clara Dubois

Brigitte Bardot, icône éternelle du cinéma français, doit une grande partie de sa renommée à des rôles marquants et des collaborations artistiques audacieuses. Retour sur trois moments clés qui ont façonné sa légende.

En 1965, Jean-Luc Godard a osé une approche novatrice avec Le Mépris, tourné sur l’île de Capri. Le film s’ouvre sur une scène devenue culte, et volontairement subversive : une succession de plans fragmentés sur le corps de Bardot, allongée dans une pièce sombre, interrogeant son mari : « Quelle partie de moi préfères-tu ? ». Godard a résisté aux pressions de ses producteurs pour ne pas montrer Bardot entièrement nue, encourageant ainsi une réflexion plus critique sur la sexualisation de son image à l’écran.

L’année précédente, en 1960, Simone de Beauvoir soulignait déjà l’impact international de l’actrice : « BB mérite désormais d’être considérée comme un produit d’exportation aussi important que les automobiles Renault ». Cette observation faisait écho au succès fulgurant de Et Dieu… créa la femme (1956), le film qui l’a révélée au monde entier. Le Financial Times titrait d’ailleurs en 2009, à l’occasion de ses 75 ans : « Et Dieu créa Brigitte Bardot ». L’historien du cinéma américain David Thomson décrivait l’image de Bardot en bikini, émergeant de la mer, comme « l’incarnation originale de la sexualité juvénile qui se bronzait sur la Côte d’Azur une fois l’austérité de la guerre passée ». Réalisé par son mari de l’époque, Roger Vadim, le film a rapporté 4 millions de dollars (environ 3,7 millions d’euros) au box-office américain et a connu un succès équivalent en France.

Bardot a également marqué les esprits grâce à ses collaborations musicales. En 1968, elle a vécu une brève et passionnée liaison avec Serge Gainsbourg. De cette relation est né un duo inspiré d’un poème de Bonnie Parker, la célèbre hors-la-loi américaine. Le clip vidéo, tourné dans une grange à foin, voyait Bardot et Gainsbourg incarner le couple de bandits, l’actrice arborant un béret noir, une cigarette à la main et une mitrailleuse autour du cou. Le single a atteint la 12e place du Billboard Top 200. Gainsbourg avait initialement enregistré le titre torride « Je t’aime… moi non plus » avec Bardot, mais celle-ci s’est ensuite opposée à sa diffusion. Il a finalement réenregistré le morceau avec Jane Birkin.

Dans Le Mépris, Bardot incarnait une épouse délaissée dont le mépris pour son mari grandit au fil du récit. Ce rôle, salué par la critique, a été qualifié par le New York Times de sa meilleure performance d’actrice.

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