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La diplomatie de la canonnière de Trump – The Irish Times

by Amélie Bernard

Publié le 7 décembre 2023 20h45. L’administration Trump intensifie sa politique interventionniste en Amérique latine, suscitant des inquiétudes quant au respect du droit international et à la montée des tensions militaires dans la région. Des accusations graves pèsent sur le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, concernant des opérations controversées dans les Caraïbes.

  • L’administration américaine adopte une approche de plus en plus assertive en Amérique latine, considérant l’hémisphère occidental comme une extension de sa politique intérieure en matière de sécurité et de commerce.
  • Des opérations militaires menées par l’armée américaine dans les Caraïbes, supervisées par Pete Hegseth, font l’objet d’une enquête pour des possibles violations du droit international et des accusations d’ordres illégaux.
  • La stratégie de sécurité nationale américaine, qualifiée de « corollaire de Trump » à la doctrine Monroe, vise à renforcer les alliances avec certains pays d’Amérique latine tout en s’opposant à d’autres.

Washington semble privilégier une approche de « diplomatie de la canonnière » en Amérique latine, ravivant les souvenirs d’un impérialisme américain contesté. La nomination de Pete Hegseth au poste de secrétaire à la Défense marque une inflexion dans la politique étrangère de l’administration Trump, avec un accent marqué sur la puissance militaire et une approche plus directe des problèmes de sécurité dans l’hémisphère occidental. Hegseth a notamment supervisé un renforcement militaire significatif contre le Venezuela dans les Caraïbes, parallèlement à des opérations ciblant les trafiquants de drogue présumés.

Des critiques s’élèvent au sein du Congrès américain et de la communauté juridique, dénonçant le mépris affiché par l’administration Trump pour le droit international. Les 21 attaques menées depuis septembre contre de petits navires dans les Caraïbes, ayant causé la mort d’au moins 50 personnes, sont qualifiées d’actes de guerre nécessitant l’approbation du Congrès, qui n’a pas été obtenue. L’enquête porte notamment sur un ordre présumé donné par Hegseth le 2 septembre, consistant à « tuer tout le monde » lors d’une opération, un acte qui, s’il est avéré, constituerait un crime au regard du droit américain. Hegseth a refusé de se présenter personnellement pour répondre aux questions, imputant la responsabilité au commandant sur le terrain, une attitude qui n’exonère pas l’armée de ses responsabilités potentielles.

L’aptitude de Pete Hegseth à occuper un poste aussi sensible est également remise en question. Un rapport interne du Pentagone révèle des erreurs de jugement graves lors de l’incident « Signalgate » en mars dernier, où il a divulgué des informations confidentielles concernant une attaque américaine imminente contre des cibles houthis au Yémen sur une application non sécurisée. Ce rapport, ainsi que les témoignages de nombreux militaires de haut rang, mettent en doute sa capacité à exercer un commandement responsable. Ces révélations interviennent alors que l’administration Trump semble vouloir placer la puissance militaire au cœur de sa stratégie pour remodeler la géopolitique de l’hémisphère occidental.

La nouvelle stratégie de sécurité nationale américaine s’appuie sur un « corollaire de Trump » à la doctrine Monroe de 1823, qui visait à dissuader les puissances européennes de s’ingérer dans les affaires de l’Amérique latine. L’administration américaine cherche désormais à nouer des alliances avec des pays comme l’Argentine, le Brésil, le Chili et le Honduras, tout en s’opposant aux gouvernements du Venezuela et de la Colombie. Elle souhaite également renforcer ses liens avec le Mexique et d’autres États disposés à accepter ses conditions, une démarche qui est perçue comme une violation du droit international par de nombreux observateurs.

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