Les Éditions du Boréal ont admis ne détenir aucune preuve de l’historique du manuscrit de C’était ça ou mourir avant sa réception en septembre 2025. L’auteur Thélyson Orélien est sorti de son silence pour rejeter les accusations d’usage de l’intelligence artificielle tout en reconnaissant des plagiats passés.
L’éditeur confirme l’absence de preuves pour le manuscrit
L’éditeur québécois a publié un communiqué pour préciser sa position au cœur de la controverse. La maison d’édition a indiqué qu’elle ne disposait d’aucun élément permettant de retracer l’historique du manuscrit avant le 12 septembre 2025, date à laquelle le texte a été transmis à son équipe.
La maison d’édition, par la voix de son communiqué, estime que l’éditeur n’a pas à exiger des preuves de la part des auteurs et qu’il doit se tenir à leurs côtés. Malgré cette incertitude documentaire, l’éditeur a choisi de maintenir le roman sur les tablettes, portant les ventes au-delà des 65 000 exemplaires d’après les chiffres rapportés par La Voix de l’Est. L’éditeur québécois Boréal a toutefois exprimé davantage de réserve, tout en précisant dans son communiqué que les faits de plagiat relevés heurtaient ses valeurs les plus chères et en les condamnant sans réserve.
Affaire Thélyson Orélien: les Éditions du Boréal maintiennent son roman en librairie, faute de preuves sur l’utilisation de l’IA https://t.co/UvtYQ9vBBb
L’académicien d’origine haïtienne Dany Laferrière a pour sa part apporté son soutien, se disant conquis par le style et consacrant l’auteur comme un écrivain de l’avenir dans un texte publié par Le Nouvelliste et repris par Le Devoir. Dans cette même parution, la maison d’édition a rappelé sa volonté d’amorcer une réflexion globale allant au-delà de cet ouvrage afin de continuer à protéger et à valoriser la création humaine.
L’écrivain rejette l’usage de l’intelligence artificielle
Thélyson Orélien a brisé trois semaines de silence après avoir été accusé par un compte anonyme sur le réseau social X nommé « Balance ton Claude » d’avoir rédigé son best-seller à l’aide d’une intelligence artificielle générative. Dans un texte transmis à l’AFP et intitulé Ce roman que j’ai écrit, le romancier de 38 ans a rejeté vigoureusement l’utilisation d’outils automatisés pour la création de son œuvre.

« L’expérience que je vis est cruelle. En attribuant à une machine un texte qui est mien, qui est celui de tous les miens, on n’est pas seulement venu contester ma qualité d’écrivain mais mon humanité. »
Thélyson Orélien, auteur
L’écrivain a affirmé avoir entamé la rédaction du roman à l’automne 2017 sur un coin de table à Laval, avant de boucler un premier jet de plus de 300 pages au printemps 2019, alors qu’il apprenait la mort de sa mère un mercredi de Pâques. L’ouvrage retrace l’exil de Jonas Dorléon, un professeur d’histoire et de géographie fuyant Haïti, un parcours qui fait écho au propre départ de l’auteur en 2010 après le séisme, en passant par la République dominicaine.
Les plagiats passés et la suite pour les prix littéraires
Thélyson Orélien a admis des cas de plagiat concernant d’anciens écrits, notamment des chroniques et des articles publiés après son arrivée au Canada, tout en affirmant n’avoir eu recours à des outils tiers que çà et là pour des recherches sur des idiomes étrangers. La Voix de l’Est rappelle à ce sujet les révélations du quotidien La Presse démontrant qu’une chronique de l’auteur parue en 2013 s’avérait être, dans sa quasi-totalité, la traduction légèrement remaniée d’un article diffusé par le journal philippin The Philippine Star. Boréal a suspendu la tournée promotionnelle le 25 septembre à la suite de une onde de choc dans le milieu littéraire, avant que l’écrivain ne mette lui-même fin à sa tournée en France le 27 septembre pour regagner le Québec.
L'éditeur québécois Boréal maintient son soutien à Thélyson Orélien après son démenti sur l'IA (communiqué)
Le prix Femina a éliminé l’ouvrage de sa deuxième sélection le mardi 6 octobre, et le roman a été écarté du prix Goncourt et de sa sélection, entraînant des inquiétudes particulières selon BFMTV quant au Goncourt des lycéens. À l’opposé, le jury du Renaudot, présidé par Frédéric Beigbeder, a choisi de le maintenir le mercredi 7 octobre dans sa deuxième sélection de neuf ouvrages.
