La France réduit considérablement son personnel diplomatique au Mali, face à une dégradation rapide de la situation sécuritaire marquée par un blocus djihadiste sur les approvisionnements en carburant. Paris exhorte également ses citoyens à quitter temporairement le pays.
Cette décision, annoncée vendredi par une source au ministère des Affaires étrangères, intervient alors que Bamako et d’autres régions du Mali sont confrontées à des perturbations majeures de la vie quotidienne. « La France continue de suivre de près la situation sécuritaire au Mali », a précisé cette source, sous couvert d’anonymat. « Au vu de l’évolution de la situation, et à l’instar de plusieurs de ses partenaires, elle a décidé d’adapter ses dispositions diplomatiques et consulaires. » Les États-Unis et le Royaume-Uni ont déjà pris des mesures similaires en évacuant leur personnel diplomatique non essentiel.
Le Mali, tout comme le Burkina Faso et le Niger, est gouverné par une junte militaire issue d’un coup d’État. Ces régimes ont progressivement rompu leurs liens avec la France, leur ancienne puissance coloniale, et se sont rapprochés de la Russie. Moscou a notamment déployé des mercenaires pour soutenir les forces locales dans leur lutte contre les groupes djihadistes.
Début novembre, Paris avait déjà conseillé à ses ressortissants de quitter le Mali « dès que possible » en raison de l’impact du blocus sur l’accès aux carburants et aux biens de première nécessité. Des responsables français et des experts en sécurité estiment que la présence militaire russe n’a pas permis d’améliorer la situation sécuritaire et n’a pas aidé la junte à contenir la progression des groupes armés.
« La présence contestée de la Russie ou de forces similaires au Mali ne contribue en rien à assurer la sécurité des Maliens », avait déclaré un porte-parole du ministère français des Affaires étrangères début novembre.
L’armée russe, opérant désormais dans six pays africains, dont le Mali, cherche à renforcer son influence sur le continent, notamment en comblant le vide laissé par le groupe de mercenaires Wagner, qui avait annoncé son départ en juin. Des images diffusées par la télévision russe ont récemment montré des forces armées russes équipées de bombardiers, affirmant avoir repoussé des attaques contre des convois de carburant à destination de Bamako.
Le groupe jihadiste JNIM a, quant à lui, annoncé mardi son intention d’intensifier son blocus et a déclaré considérer désormais les chauffeurs routiers comme des cibles militaires. « Nous intensifierons notre blocus », a déclaré le groupe dans une vidéo de propagande.
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