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La fusillade de Minneapolis ICE impliquait des tactiques contre lesquelles de nombreux services de police mettent en garde – mais pas l’ICE lui-même

Minneapolis est à nouveau le théâtre d'une vive polémique sur les violences policières, après la mort par balle d'une agente d'Immigration et de Douanes (ICE) abattue alors qu'elle se trouvait dans son véhicule. L'incident, survenu le 27 février,…

La fusillade de Minneapolis ICE impliquait des tactiques contre lesquelles de nombreux services de police mettent en garde – mais pas l’ICE lui-même

Minneapolis est à nouveau le théâtre d’une vive polémique sur les violences policières, après la mort par balle d’une agente d’Immigration et de Douanes (ICE) abattue alors qu’elle se trouvait dans son véhicule. L’incident, survenu le 27 février, a immédiatement donné lieu à des interprétations divergentes : l’administration Trump a défendu l’action de l’agent, tandis que les autorités locales l’ont condamnée.

Cette affaire relance le débat sur la formation des forces de l’ordre et les règles d’engagement, notamment en ce qui concerne l’ouverture du feu sur des véhicules en mouvement. Un nombre croissant de services de police adoptent des politiques interdisant explicitement de tirer dans de telles situations, une évolution qui s’avère prometteuse pour réduire les décès.

Il y a plusieurs décennies, le service de police de New York a interdit à ses agents de tirer sur des voitures en mouvement. Cette décision a entraîné une baisse significative des homicides commis par la police, sans pour autant compromettre la sécurité des agents. Cependant, la question de l’usage de la force meurtrière reste complexe et controversée.

Selon Ben Jones, professeur associé de politique publique à l’université de Pennsylvanie, « le maintien de l’ordre doit refléter un engagement à valoriser la vie humaine et à donner la priorité à sa protection ». De nombreuses politiques policières affichent ce principe, mais des incidents comme celui de Minneapolis démontrent que des tirs mortels contestables se produisent encore.

Si certaines agences ont interdit de tirer sur des véhicules, d’autres politiques restent floues ou incomplètes. De plus, il existe un vide juridique important : les agents responsables de tirs mortels sur des conducteurs, même en violation des règles internes, échappent souvent aux poursuites pénales.

La politique actuelle de l’ICE en matière de recours à la force interdit à ses agents de tirer sur le conducteur d’un véhicule en mouvement « sauf si cela est nécessaire pour mettre fin à une menace grave ». Elle précise que la force meurtrière ne doit pas être utilisée « uniquement pour empêcher la fuite d’un suspect ». Cependant, contrairement à de nombreux services de police, elle ne donne pas d’instructions claires sur la manière pour les agents d’éviter la trajectoire d’un véhicule en mouvement lorsque cela est possible, une omission critiquée par les experts.

Des vidéos de l’incident de Minneapolis montrent un agent tentant d’ouvrir la portière du véhicule conduit par Renée Nicole Goodune, 37 ans, tandis qu’un autre se trouvait devant le véhicule alors qu’elle tentait de s’éloigner. Tirer pour empêcher une simple fuite aurait constitué une violation de la politique de l’agence.

En 2022, le président Joe Biden a signé un décret exigeant que les agences fédérales d’application de la loi, dont l’ICE, adoptent des politiques de recours à la force « équivalentes ou supérieures » à celles du ministère de la Justice. Or, la disposition concernant l’évitement des véhicules en mouvement n’a toujours pas été intégrée à la politique de l’ICE.

L’importance de donner la priorité à la protection de la vie n’exclut pas l’usage de la force meurtrière dans certaines situations, comme face à une menace imminente. Cependant, elle interdit le recours à cette force lorsque des tactiques moins dangereuses peuvent neutraliser la menace. Dans le cas des tirs sur des véhicules, l’option d’éviter la trajectoire du véhicule est souvent disponible et plus sûre, tant pour les agents que pour les suspects.

Une analyse récente des politiques des 100 plus grandes villes américaines a révélé que près des trois quarts d’entre elles interdisent de tirer sur des véhicules en mouvement. L’affaire de Minneapolis souligne l’écart persistant entre les politiques, les meilleures pratiques et la réalité sur le terrain. Combler cet écart est essentiel pour sauver des vies et renforcer la responsabilité des forces de l’ordre.

L’histoire de la « règle de la fuite », qui autorisait la police à tirer sur un suspect en fuite pour l’empêcher de s’échapper, illustre cette dynamique. Cette règle, jugée contraire au principe de protection de la vie, a été remise en question par certains services de police et interdite dans certains États. En 1985, la Cour suprême des États-Unis a même déclaré inconstitutionnel de tirer sur un suspect en fuite qui ne représente pas un danger immédiat. L’interdiction de cette tactique a contribué à réduire les meurtres commis par la police.

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À propos de l’auteur: Nicolas Lefèvre

Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.