Publié le 17 novembre 2025 à 11h52. Alors que certains pays européens expérimentent la semaine de quatre jours, une pression accrue s’exerce sur les salariés, notamment dans les start-up américaines d’intelligence artificielle, où des journées de travail de 72 heures deviennent monnaie courante.
- La Belgique et l’Islande testent la semaine de quatre jours, une tendance à l’équilibre vie privée-vie professionnelle.
- Certaines start-up de la Silicon Valley imposent des horaires de travail extrêmes de 72 heures par semaine, un modèle inspiré de la Chine.
- Près de 70 % des salariés américains se sentent à risque de burn-out, un phénomène exacerbé par la surcharge de travail.
Un fossé se creuse entre les approches du marché du travail en Europe et aux États-Unis. Si plusieurs pays européens, dont la Belgique et l’Islande, explorent les avantages d’une semaine de travail réduite, certaines entreprises américaines, en particulier dans le secteur de l’intelligence artificielle (IA), semblent revenir en arrière, privilégiant des horaires de travail intenstes pour accélérer leur croissance.
Ce modèle, surnommé « 996 » (de 9h à 21h, six jours par semaine), est originaire de Chine. Bien qu’officiellement illégal dans ce pays – la législation chinoise prévoit une semaine de 40 heures avec un maximum de 36 heures supplémentaires par mois – il reste largement pratiqué. Selon l’agence Reuters, la moyenne doit rester à 40 heures sur le long terme, même en cas de dépassement occasionnel.
Aux États-Unis, la pression sur les employés atteint des niveaux alarmants. Une enquête de la plateforme Care.com révèle que près de 70 % des salariés interrogés se considèrent comme présentant un risque moyen à élevé de burn-out. Cette surcharge de travail a des conséquences directes sur la productivité et le bien-être des employés.
Des études suggèrent même que réduire le temps de travail peut paradoxalement augmenter la productivité. Une étude britannique menée auprès de 60 entreprises a démontré que les salariés travaillant moins d’heures étaient plus performants, moins malades et moins stressés. 56 de ces entreprises souhaitent conserver durablement la semaine de quatre jours.
En Allemagne, la génération Z, née entre 1995 et 2010, remet de plus en plus en question les structures traditionnelles du marché du travail et aspire à des modèles de travail plus flexibles et à un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle. Selon une étude du cabinet McKinsey, un employé sur cinq en Allemagne se sent déjà sous pression et risque le burn-out, un sentiment particulièrement fort chez les jeunes.
L’Institut de recherche économique (ifo) plaide pour une augmentation du temps de travail en Allemagne. Son président, Clemens Fuest, s’oppose fermement à la semaine de quatre jours. Parallèlement, l’essor de l’intelligence artificielle continue d’exercer une pression sur le marché du travail, et pourrait donc accentuer la tendance à travailler plus longtemps. Récemment, le taux de chômage des jeunes spécialistes des technologies aux États-Unis a augmenté plus rapidement que la moyenne nationale, selon les données de la Réserve fédérale. (Sources : Standard, Fast Company, AFP, dpa, Reuters, McKinsey, Care.com, Autonomy Research Ltd, ifo-Institut)
À lire aussi
