Publié le 2024-02-29 18:35:00. Des universitaires mexicains dénoncent fermement ce qu’ils qualifient d’agression militaire américaine contre le Venezuela, craignant un précédent dangereux pour la souveraineté des nations latino-américaines et une possible répétition de schémas interventionnistes au Mexique.
- 184 universitaires de l’Institut national d’anthropologie et d’histoire (INAH) ont signé une déclaration condamnant l’intervention américaine au Venezuela.
- Ils expriment leur solidarité avec le peuple vénézuélien et mettent en garde contre des tentatives similaires de criminalisation de l’opposition et d’appels à l’intervention militaire au Mexique.
- Les signataires appellent à une unité latino-américaine face à l’impérialisme et au respect du droit international.
Une vive critique a été formulée par des universitaires mexicains à l’égard de ce qu’ils perçoivent comme une escalade de la tension politique au Venezuela. Dans une déclaration rendue publique, ces chercheurs de l’Institut national d’anthropologie et d’histoire (INAH) dénoncent avec force « l’agression militaire du gouvernement des États-Unis contre la République bolivarienne du Venezuela » et ce qu’ils décrivent comme une tentative d’enlèvement du président Nicolás Maduro Moros et de son épouse, Cilia Adela Flores. Ils considèrent cet acte comme une « grave violation de la souveraineté du peuple vénézuélien et du droit international ».
Au-delà de la situation immédiate au Venezuela, les signataires expriment leur inquiétude quant à la possibilité de voir des dynamiques similaires se développer au Mexique. Ils soulignent que « des schémas de criminalisation et d’appels à une intervention militaire sont déjà observés » au sein de certains secteurs de l’opposition mexicaine. Cette observation les amène à appeler à une vigilance accrue et à une défense active de la souveraineté nationale.
La déclaration met en lumière un contexte historique plus large, en soulignant que l’intervention au Venezuela ne serait pas un événement isolé, mais plutôt le résultat d’une décennie d’ingérence et de sanctions économiques. Les universitaires dénoncent ce qu’ils qualifient d’« acte de guerre impériale qui ravive le colonialisme », faisant référence à la doctrine Monroe de 1823, qui proclamait que « l’Amérique doit être pour les Américains » – une formule qu’ils interprètent comme justifiant des interventions et des agressions répétées contre les peuples d’Amérique latine, y compris le Mexique.
Les universitaires formulent plusieurs revendications précises. Ils exigent « la cessation des actions hostiles » et plaident pour la formation d’un « front unique en Amérique latine contre l’impérialisme ». Ils appellent également au « rejet de l’ingérence étrangère dans le soutien et le financement des groupes d’opposition favorables à l’interventionnisme », ainsi qu’au « respect sans restriction de la Charte des Nations Unies », notamment de ses articles fondamentaux relatifs à l’autodétermination et à la souveraineté nationale.
Enfin, la déclaration se conclut par un appel direct au peuple mexicain : « s’organiser et à défendre sa souveraineté et à soutenir tous les peuples frères d’Amérique latine ». Les signataires espèrent ainsi mobiliser l’opinion publique et encourager une action collective en faveur de la défense de la souveraineté et de l’autodétermination des nations latino-américaines.