Le conseil des ministres restreint belge entame ce week-end des négociations budgétaires sous haute tension pour combler un manque à gagner de 10 milliards d’euros d’ici 2029, le Premier ministre Bart De Wever présentant une nouvelle proposition sur fond de craintes de blocage politique.
Le conseil des ministres restreint, ou kern, se réunit pour la première fois depuis plus d’une semaine afin d’examiner une nouvelle copie budgétaire soumise par le Premier ministre Bart De Wever. Les vice-Premiers ministres du MR, des Engagés, de Vooruit et du CD&V se retrouvent pour lancer véritablement la séquence politique menant à l’objectif de 10 milliards d’euros d’économies d’ici la fin de la législature en 2029.
L’exécutif fédéral s’est fixé pour échéance le lundi 13 octobre, date à laquelle Bart De Wever doit prononcer sa déclaration de politique générale à la Chambre. La Belgique doit ensuite transmettre son projet de budget à la Commission européenne au plus tard le 15 octobre. Le cabinet du Premier ministre cherche à tout prix à éviter le recours au mécanisme des douzièmes provisoires pour la deuxième année consécutive.

Le kern entame ses travaux sur fond de tensions
La proposition initiale présentée par le chef du gouvernement wallon de la N-VA avait été jugée déséquilibrée par les partenaires francophones dès sa première lecture. Les participants doivent évaluer l’ampleur des efforts déjà consentis dans leurs portefeuilles respectifs.
La réunion de samedi après-midi a débuté à 13 h 30 avec une fin prévue aux alentours de 18 heures, tandis que les travaux de dimanche se poursuivront sans heure de fin fixe. Les débats se concentrent notamment sur les prévisions de croissance et sur le respect d’une ligne zéro
consistant à geler l’augmentation des dépenses publiques.
Le freinage des dépenses sociales et les pressions régionales
Bart De Wever insiste pour que l’effort budgétaire repose en priorité sur la maîtrise des dépenses. Selon l’exécutif fédéral, la trajectoire des budgets consacrés aux pensions et aux soins de santé continuera de progresser, mais il y a lieu d’en freiner la croissance future.
La Flandre a récemment affiché une discipline budgétaire marquée par plusieurs mesures, parmi lesquelles la limitation des allocations familiales à 23 ans, l’augmentation du prix des titres-services de 10 à 12 euros, la réduction des subsides aux communes ainsi que le relèvement des droits d’enregistrement de 2 à 3 %.

Du côté de la Région wallonne, le déficit atteint 2 milliards d’euros pour une dette globale avoisinant 33 milliards d’euros, les discussions budgétaires se poursuivant avec l’objectif de trouver 900 millions d’euros d’économies pour 2027. La Cour des comptes alerte sur une dette qui pourrait grimper à 38 milliards d’euros d’ici trois ans, tandis que le Bureau du Plan met en garde contre sa non-soutenabilité à terme. La Région examine également d’éventuelles réformes de son système d’allocations familiales et des pistes d’économies dans les compétences de la santé gérées par le ministre Yves Coppieters, sommé de trouver 200 millions d’euros.
Cela risque de déboucher sur un clash