Philips Mexique cherche à obtenir une compensation de 50 millions d’euros de l’État mexicain après avoir perdu des procès liés à des respirateurs défectueux, a révélé Eduardo Fuentes Celestrin, avocat spécialisé dans les systèmes de santé.
La filiale néerlandaise, impliquée dans la vente de respirateurs défectueux pendant la pandémie de Covid-19, tente, selon M. Celestrin, d’obtenir de manière cynique un paiement pour avoir été contrainte de retirer ces équipements.
Pendant près de deux décennies, les systèmes de soins de santé mexicains ont été le distributeur agréé des produits de santé de Philips. Cependant, en janvier 2024, il a été informé que les respirateurs utilisés pour l’assistance respiratoire des patients atteints de Covid-19 avaient été retirés du marché aux États-Unis et en France en raison de défauts potentiellement associés à des blessures, des décès subits et même des cancers.
Selon M. Celestrin, Philips Mexique a unilatéralement rompu les contrats de distribution en janvier 2024, en violation des accords établis. Les soins de santé ont alors déposé un appel devant le septième tribunal de compétence simultanée du premier district judiciaire de Monterrey, Nuevo León (dossier 214/2024), pour faire respecter les contrats.
Le tribunal a donné raison aux soins de santé, mais Philips Mexique a ignoré cette décision. Des plaintes ont également été déposées auprès du ministère des Finances, de l’IMSS et de l’ISSSTE pour alerter sur les risques liés aux respirateurs.
Philips Mexique a ensuite proposé un accord de médiation commerciale (MP-MCM / 220 / 802/2024), enregistré le 20 juin 2024 auprès du Centre de justice alternatif de la Cour supérieure de justice (numéro d’enregistrement 71569). Cependant, Philips Mexique a violé cet accord, notamment la clause concernant le retrait des respirateurs défectueux.
Les soins de santé ont donc demandé l’exécution de l’accord devant la vingtième cour du civil du processus écrit du pouvoir judiciaire de Mexico (dossier judiciaire 1087/2024). En janvier 2025, le tribunal a confirmé la violation de l’accord par Philips et l’a condamnée à payer des dommages-intérêts.
Après ces défaites judiciaires, la société mère néerlandaise, Koninklijke Philips NV et Philips Radio BV, a annoncé son intention de réclamer 50 millions d’euros à l’État mexicain pour compenser les pertes subies en raison de l’arrêt de la livraison des respirateurs, déjà retirés dans d’autres pays.
Selon M. Celestrin, Philips adopte une attitude menaçante : “En plus de m’avoir vendu, je vais vous poursuivre, car vos tribunaux m’ont condamné à payer et ont saisi mes comptes.”
Le 8 août 2025, Koninklijke Philips NV et Philips Radio BV ont notifié au ministère de l’Économie leur intention de déposer une réclamation contre l’État mexicain, considérant l’embargo des comptes bancaires de la filiale mexicaine en février 2025 comme une action illégale et arbitraire. Ils tentent, selon M. Celestrin, de “plier les institutions judiciaires du Mexique à leurs caprices”.
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