Publié le 5 décembre 2025 11:31:00. Plus de la moitié des Ukrainiens seraient prêts à manifester si Kiev devait accepter des conditions jugées inacceptables pour parvenir à un accord de paix avec Moscou, selon une étude récente. Cette résistance populaire concerne notamment toute concession territoriale ou renoncement aux ambitions d’intégration européenne et atlantique.
- 51,4 % des Ukrainiens se disent prêts à descendre dans la rue en cas d’accord de paix perçu comme défavorable.
- 40,2 % considèrent comme inacceptable l’abandon temporaire des territoires occupés par la Russie.
- Un large consensus se dégage contre toute concession sur l’adhésion à l’OTAN (41,1 %) et à l’Union européenne (51 %).
Une étude sociologique menée par l’agence “Info Sapiens” et initiée par le “Centre de la Nouvelle Europe” (Центр “Нова Европа”) révèle un fort attachement des Ukrainiens à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de leur pays. L’enquête, réalisée auprès de 1 000 personnes entre le 5 et le 26 novembre 2025, intervient dans un contexte de discussions internationales sur un possible plan de paix, notamment celui préparé conjointement par les États-Unis et la Russie.
Si une majorité de 51,4 % des personnes interrogées se disent prêtes à protester contre un accord jugé inacceptable, 44,3 % déclarent ne pas avoir l’intention de le faire, tandis que 4,4 % se montrent indécises. L’étude souligne une légère diminution du nombre de personnes considérant comme inacceptable l’abandon temporaire des territoires occupés, passant de niveaux plus élevés observés les années précédentes à 40,2 % actuellement.
Le rejet de toute reconnaissance de jure de ces territoires comme faisant partie de la Russie reste cependant massif, avec 76,6 % des répondants exprimant une opposition catégorique. De même, l’adhésion à l’OTAN est perçue comme une ligne rouge par 41,1 % des Ukrainiens, et l’intégration à l’Union européenne par 51 %. L’étude met également en évidence une forte opposition à toute réduction des effectifs de l’armée (77,9 %) et à l’octroi d’un statut officiel à la langue russe (73 %). Enfin, 58,7 % des personnes interrogées s’opposent à une diminution des réparations que la Russie devrait verser à l’Ukraine, 65 % désapprouvent la fin des poursuites pénales contre les criminels de guerre, et 64,1 % sont contre la levée des sanctions économiques imposées à la Russie.
Les plans de paix envisagés par le Kremlin et la Maison Blanche prévoient d’importantes concessions de la part de l’Ukraine. Moscou exige notamment que Kiev renonce aux territoires sous son contrôle, abandonne ses ambitions d’adhésion à l’OTAN, réduise de plus de la moitié ses forces armées et renonce à toute responsabilité en matière de crimes de guerre. Kiev a déjà annoncé qu’elle ne céderait pas sur certains points, notamment la remise d’une partie du Donbass à la Russie, que les troupes russes n’ont pas réussi à conquérir. Le président Poutine a quant à lui déclaré que les hostilités ne prendraient fin que lorsque l’armée ukrainienne se retirerait des territoires qu’il considère comme “occupés”.
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