Les femmes jeunes atteintes d’un cancer du sein peuvent envisager une chirurgie conservatrice du sein sans craindre une augmentation du risque de récidive locale, selon une étude américaine récente. Les avancées thérapeutiques, notamment l’utilisation accrue de la chimiothérapie néoadjuvante et des thérapies ciblées, semblent compenser les éventuels inconvénients de cette approche.
L’étude, menée par le professeur Laura Dominici du Dana-Farber Cancer Institute de Boston, a analysé les données de 1 153 patientes opérées entre octobre 2006 et juin 2016. Les participantes avaient entre 30 et 40 ans lors du diagnostic pour 59,2 % d’entre elles, entre 31 et 35 ans pour 28 % et moins de 30 ans pour 12,8 %. 30 % des patientes ont bénéficié d’une chirurgie conservatrice, suivie d’une radiothérapie dans 98 % des cas. Les autres ont subi une mastectomie, souvent bilatérale en raison d’un risque génétique accru.
Les résultats montrent qu’après une chirurgie conservatrice, 6,7 % des patientes ont présenté une récidive locorégionale en moyenne sur 10,1 ans. Après une mastectomie sans radiothérapie, ce taux était de 6,5 %, et de 2,4 % après une mastectomie suivie d’une radiothérapie. Ces chiffres suggèrent que la chirurgie conservatrice, associée à une radiothérapie, offre une alternative viable à la mastectomie sans radiothérapie.
Ces conclusions contrastent avec des études antérieures, notamment la cohorte britannique POSH (étudiant les patientes opérées entre 2000 et 2008), qui avaient mis en évidence un taux de récidive locorégionale plus élevé (11,68 %) après une chirurgie conservatrice par rapport à une mastectomie (4,93 %). Le professeur Dominici explique cette différence par l’évolution des traitements. « Les meilleurs résultats observés après une mastectomie avec radiothérapie pourraient s’expliquer par le fait que ce traitement a été principalement administré à des patientes présentant un risque élevé de métastases à distance », a-t-elle déclaré.
En outre, l’étude américaine révèle une utilisation beaucoup plus fréquente de la chimiothérapie néoadjuvante (28,1 % contre 15,5 % dans la cohorte POSH) et des thérapies ciblées sur ERBB2 (92,2 % contre 12,5 % si le récepteur était détecté). Ces avancées thérapeutiques semblent donc jouer un rôle crucial dans la réduction du risque de récidive.
En comparant ces résultats avec une analyse du registre du cancer de la Sarre, le professeur Dominici conclut que les femmes plus jeunes ne présentent pas de risque accru de récidive locorégionale lorsqu’elles bénéficient d’une prise en charge thérapeutique complète.
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